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Les plaies bantes du terrorisme

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2015-03-22
 
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  Emir Abdelkader    
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Les plaies bantes du terrorisme

Les plaies bantes du terrorisme



Des mots, de lmotion, des larmes. Et du sens. Pour dire linnommable, mettre les mots cette chose atroce appele pudiquement les annes 1990. Oui, la dcennie noire. Et des visages, des processions de visages amnes et humbles, ceux des victimes quon voudrait assassiner une seconde fois, ensevelir jamais dans le caveau du temps au nom de la moussalaha, du pardon par dcret.



Voil qui pourrait rsumer trs sommairement la Journe contre lOubli organise comme chaque anne, lore du printemps, par lassociation Ajouad Algrie Mmoires, dirige par Nazim Mekbel, le fils de Mesmar Jha.
Pour se souvenir, mais aussi pour rflchir, apprendre et comprendre ce qui sest pass, cette squence sanglante de notre histoire contemporaine, le gnocide du GIA et consorts. Depuis 2011, Ajouad sattache rgulirement marquer cette journe. Hier, cela a pris la forme dune rencontre autour de deux communications magistrales prononces par Daho Djerbal, lillustre historien, et Nassima Boumazouza, doctorante en psychologie clinique.
Les deux interventions portaient sur un thme commun : le traitement des traumatismes de la dcennie noire. Mais loin de se cantonner dans un registre strictement acadmique, la journe commmorative tait agrmente de tmoignages encore vifs, de lectures de textes, de pomes poignants et dchanges collectifs, parfois anims, pour reconstituer, ft-ce par bribes, en pointills, ce rcit interdit.
Ce haut moment mmoriel avait pour crin une petite salle intimiste sise lentre de la splendide villa Abdeltif, mise la disposition des organisateurs par lAARC. La salle savrera vite exigu pour contenir toutes celles et ceux qui ont rpondu en nombre lappel dAjouad.
Image touchante qui retient demble notre attention : sur le dos des chaises rserves au public, des noms sont inscrits sur des feuilles blanches. Des dizaines de noms, certains de personnalits connues, mais la majorit revenant de simples anonymes. Cela rappelle les siges rservs aux invits de marque dun festival ou dun congrs. Il nen est rien.
Ce sont, en vrit, les noms de victimes du terrorisme, tous ayant droit aux mmes gards. On pouvait ainsi lire sur une range : Abdelhafid Sad, tudiant ; Assa Amari, gendarme ; Tahar Djaout, crivain et journaliste ; Rachida Saheb, enseignante ; Rached Benalou, muezzin ; Mahfoud Kerbali, juge dinstruction Et tout au long des dbats, les visages dfilent sur le mur qui surplombe la tribune, projets par datashow : Boudiaf, Boucebci, Boukhobza, Liabs, Bakhti Benaouda, Nabila Djahnine, Mekbel, Alloula, Allaoua At Mebarek, Lila Kheddar, Mustapha Abada, Cheb Hasni, Amel Zenoune, Matoub Louns, Ahmed Asselah, Katia Bengana et des dizaines dautres. Comme par enchantement, ils semblaient se rincarner, reprendre vie, se dbarrasser de leur halo de lumire comme on se dbarrasse dune camisole de saintet pour se joindre lassistance.
Autre moment fort : des petites filles se succdent autour dun micro pour lire, l aussi, des noms, les noms des victimes, toujours, et leurs phrases commenaient immanquablement par cette formule : Je suis lAlgrie de. Je suis lAlgrie de 1992, Je suis lAlgrie de 1994, Je suis lAlgrie de 1997.
Et dgrener des listes de personnes fauches par les GIA et autres ascendants barbares de Daech cette anne-l. Nazim Mekbel, prsident dAjouad, explique que lassociation quil dirige uvre depuis le dbut pour, justement, rendre justice, rendre vie, mettre un nom et un visage lendroit de tous ces anonymes. Il sagit dun travail mmoriel pour archiver ce qui sest pass, retrouver les noms des 200 000 morts.
Qui taient, par exemple, les victimes de lattentat du boulevard Amirouche ? Qui taient les morts, mais aussi les blesss ? Souvent, ctaient des anonymes. Et puis, on oublie trop souvent les blesss qui continuent souffrir jusqu aujourdhui dit-il avec humilit. Il fait observer que depuis 2011, Ajouad a choisi la date du 22 mars pour instituer, inscrire dans la mmoire collective, une Journe contre loubli.
On a choisi la date du 22 mars en rfrence aux marches populaires du 22 mars 1993 et 22 mars 1994, quand les Algriennes et les Algriens taient sortis massivement pour dire non lintgrisme, oui la dmocratie. Il indique au passage que cette anne, paralllement cette halte commmorative, des journes contre loubli taient galement organises Oran, Sada, Mostaganem et bientt Tizi Ouzou et Bjaa, sans compter les crmonies organises Paris, Toulouse et mme Montral. Ajouad, aujourdhui, dpasse le concept dassociation et se veut un mouvement citoyen pour essayer de comprendre ce qui sest pass il y a vingt ans, insiste Nazim Mekbel en cartant tout nombrilisme.
Il prcise dans la foule que ce qui caractrise les commmorations de cette anne, cest le fait quelles dpassent le cadre motionnel et se voulaient un moment de rflexion collectif, dans une dmarche pluridisciplinaire incluant des sociologues, des psychanalystes, des urbanistes et autres anthropologues, pour accomplir ce travail titanesque dinterprtation et dcriture des annes 1990. Il estime, comme de juste, que ce travail de mmoire, au-del de son ct thrapie de groupe, participe dun enjeu socital. On ne peut plus dire elli fet met. On le doit surtout pour les jeunes gnrations, conclut-il. Nous reviendrons avec de plus amples dtails, dans notre dition de demain, sur les interventions qui ont marqu cette journe qui, pour le coup, fut vraiment mmorable.

Mustapha Benfodil




 

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