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Égypte : la dernire tentation des Frres

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Égypte : 22 cadres des Frres musulmans... Emir Abdelkader 0 2015-03-17 11:49 AM
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2015-03-23
 
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Manqool Égypte : la dernire tentation des Frres

Égypte : la dernire tentation des Frres






Traqus et privs de leurs chefs, lourdement condamns, les cadres de la confrrie ont choisi l'exil ou la clandestinit. Tandis que les plus jeunes basculent dans la violence. Reportage.
Les condamnations pleuvent sur les cadres des Frres musulmans et leurs partisans. Le 28 fvrier, quatorze membres de la confrrie, dont le Guide suprme, Mohamed Badie, l'idologue et homme d'affaires Khairat al-Chater - qui avait brigu la prsidence en 2012 avant que sa candidature ne soit invalide - et l'influent Mohamed al-*Baltagy, ont cop de la prison vie.
C'est la premire fois que Chater, qui avait chapp la rpression aprs l'assassinat d'Anouar al-Sadate, en 1981, est condamn une peine aussi lourde. Toutes les figures importantes de la confrrie - classe terroriste en dcembre 2013 - ou de son manation politique, le Parti de la libert et de la justice (PLJ), sont aujourd'hui derrire les barreaux. À commencer par le prsident dchu Mohamed Morsi, dmis et arrt le 3 juillet 2013, aprs le soulvement populaire du 30 juin.
>> Lire aussi : 22 cadres des Frres Musulmans, dont leur guide suprme, condamns mort
Selon les organisations des droits de l'homme, prs de 20 000 personnes ont t emprisonnes et plus d'un millier tues dans les mois qui ont suivi la destitution de Morsi. Abdallah al-Masry, 28 ans, fils d'un cadre des Frres musulmans de Kafr al-Cheikh, dans le delta du Nil, a t emprisonn pour "dtention d'armes et utilisation de la religion des fins politiques". Mais l'homme continue de clamer son innocence.
Son pre, lui, a t plus "chanceux" et se terre dans un lieu secret. "Je ne peux pas rester plus de trente minutes dans un mme endroit, confie Masry, calfeutr dans son appartement. J'vite de me dplacer en plein jour, je prfre attendre la tombe de la nuit pour rejoindre des amis au caf." L'homme nous reoit dans le salon d'une rsidence qu'il occupait avant de se marier. À l'abri des regards et de la surveillance policire, considrablement renforce au lendemain de la mort de 19 supporters de foot au Caire, ses traits se dtendent. Abdallah sourit. Il peut raconter son histoire. Enfin.
Les Frres musulmans ne sont pas les seuls subir la rpression. Prisons et commissariats regorgent aussi de jeunes libraux et d'activistes de gauche, fer de lance de la rvolution de 2011. Abdallah a pass ses trois mois et demi de dtention dans une cellule exigu qu'il partageait avec une vingtaine de prisonniers de diverses obdiences. "Nous tions tellement nombreux qu'il fallait se relayer pour dormir, se souvient-il. J'ai perdu vingt-cinq kilos. Nous n'avions aucune intimit."
L'une des structures, la Usra, est toujours active
Harcels et traqus, les Frres sont aujourd'hui face un dilemme : partir ou rester ? Des cadres mais aussi de simples militants ont opt pour l'exil, principalement en Turquie et au Qatar, deux allis historiques du mouvement. Mais leur nombre est difficile dterminer. "Pour moi, le moment n'est pas propice, affirme Ziad Ahmed, un cadre local de la confrrie. Beaucoup de membres de ma famille, dont mon frre, sont en prison. J'ai fait le choix de rester : nous sommes prts vivre vingt ans dans la clandestinit." Mari et pre de cinq enfants, le frre de Ziad a cop de dix ans de prison.
"Lui rendre visite dans la prison de Wadi al-Natrun [dans le nord-ouest du Caire] est trs compliqu", raconte sa femme, Mona, enveloppe dans un long niqab. Mdecin de son tat, elle regrette qu'une partie de ses compatriotes soutienne la rpression. "Il est devenu difficile de discuter avec les voisins. Certains se sont loigns. Ils coutent ce que disent les mdias et n'arrivent pas penser par eux-mmes."
Berceau des Frres musulmans - qui y ont vu le jour en 1928 -, l'Égypte a longtemps constitu la base principale du mouvement. Ce qui explique pourquoi, bien qu'ampute de ses cadres et d'une bonne partie de ses membres, la confrrie continue d'exister. L'une de ses structures, la Usra ("famille", en arabe), une cellule compose de cinq dix personnes, est toujours active.
"On se runit une fois par semaine dans diffrentes maisons pour parler des problmes quotidiens et de la mobilisation", rapporte Abdel Rahman, mdecin Matareya, un quartier populaire dans le nord-est du Caire. D'aprs lui, c'est au sein de la Usra que se prennent de nombreuses dcisions. En novembre 2014, des lections ont t organises Matareya pour dsigner les reprsentants du bureau local : "Chaque famille s'est runie pour lire son "dlgu", puis nous avons choisi celui qui avait obtenu la majorit des voix." Se runir dans un tel contexte n'est pas ais. Le jeune mdecin prconise la prudence : "Il y a certains mots que je ne prononce plus au tlphone, et je retire toujours ma puce lorsque la Usra se runit. On pourrait nous localiser. J'ai appris qu'un autre quartier avait organis le scrutin dans un bus en marche. Ce n'est pas l'imagination qui manque."
>> Lire aussi : la grande dbacle des frres musulmans
Les Frres sont dans une logique de survie
Sur le terrain, les Frres disent esprer regagner la confiance des Égyptiens en revenant leur mission premire : l'interaction quotidienne avec la socit. "La campagne mdiatique est tellement froce qu'il faut reconqurir le coeur des gens, soutient Masry. Si chaque membre parle vingt personnes et qu'il les convainc de sa bont, cela confortera l'influence de la confrrie."
Mais la fermeture des structures associatives et mdicales du mouvement rend la tche particulirement difficile. L'organisation se concentre par ailleurs sur les dossiers les plus urgents. "Les blesss, les familles de martyrs et les prisonniers politiques sont la priorit, assure Abdel Rahman voix basse. Chaque famille reoit une aide mensuelle pouvant aller jusqu' 2 000 livres [240 euros]." D'o vient l'argent ? "Des fonds internes de l'organisation", rpond Abdel Rahman, qui rappelle firement que chaque membre fait don de 7 % de ses revenus. Pas un mot en revanche sur les financements trangers...
Cette priode de crise sera-t-elle l'occasion d'un aggiornamento l'initiative de la jeune garde ? Selon Ziad Ahmed, le mouvement serait en cours. "Les jeunes ont davantage de responsabilits. L'absence des cadres leur a permis d'accder la reprsentation qu'ils revendiquaient depuis plusieurs annes." "Le clivage gnrationnel n'est pas simple, nuance la chercheuse franaise Marie Vannetzel. Il y a des jeunes qui restent dans la ligne des cadres et pour lesquels il n'est pas ncessaire de rformer. Et des anciens peuvent ne pas tre d'accord avec la gestion du Tanzim [organisation], mais ils ne communiquent gnralement pas sur le sujet. Cela est d'autant plus vrai que les Frres sont dans une logique de survie."
Aujourd'hui, les mdias et les responsables politiques gyptiens voient un "Frre" derrire tout manifestant ou dissident politique. Les derniers rassemblements de Matareya en sont l'illustration. Les chanes de tlvision ont dcrit une mobilisation noyaute par les Frres, alors qu'une large partie des manifestants n'appartenait pas l'organisation, les Frres musulmans n'ayant videmment pas le monopole de la dissidence. Chaque semaine, depuis plus d'un an, les partisans de l'ex-prsident Mohamed Morsi organisent de petites marches l'chelle d'un quartier pour prouver que la confrrie mobilise toujours. "Le pouvoir ne peut pas nous liminer", assure Ahmed Ziad, qui veille soigneusement viter toute fausse note.
Reste qu'un courant interne appelle des rformes profondes au sein d'une organisation juge sclrose. Mais pour Abdel, emprisonn pendant prs d'un an, ces rformes ne suffisent pas. Il raconte que certains jeunes ont dj pris les armes. Cet adolescent branch, veste de cuir kaki et jean dlav, dit qu'il ne croit plus en rien. Ni en la justice, qu'il dit la botte du pouvoir, ni en l'arme, dont il ne se lasse pas de dcrire les exactions. "On connat les noms des policiers qui ont tortur, ils vont payer", lance-t-il, survolt. "Nous n'avons pas d'autres perspectives devant nous", renchrit Ahmed Ziad. Or, depuis l'viction de Morsi, les forces de scurit sont la cible d'attaques meurtrires travers tout le pays. Sentant qu'il est all trop loin, Ziad recule et dclare, contre toute vidence : "Jusqu' prsent, nos actions ont t pacifiques."


 

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