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La Tunisie sous la pression scuritaire et conomique

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2015-03-25
 
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Manqool La Tunisie sous la pression scuritaire et conomique

La Tunisie sous la pression scuritaire et conomique



En 2013, le Forum social mondial souvrait Tunis dans un contexte, certes tendu, suite lassassinat du leader dextrme gauche Choukri Belaid, mais o les espoirs suscits par la rvolution taient encore trs forts. A quelques jours de louverture du Forum social mondial 2015, toujours Tunis, lattentat au Muse du Bardo a cot la vie 21 personnes. Le reportage que nous publions ci-dessous tait prvu de longue date. Il interroge la situation dun pays qui continue davancer dans sa transition dmocratique, alors que la rgion senfonce dans la crise. Quen sera-t-il pour lui demain ?

Le choix de tenir le Forum social mondial (FSM) pour la deuxime fois conscutive Tunis, aprs celui de 2013, nest pas seulement un choix par dfaut. Lintention est de permettre la dynamique du FSM de simplanter dans une rgion du monde o les socits civiles ont longtemps souffert dune triple pesanteur. La surveillance troite de rgimes autoritaires qui contrlent, voire interdisent totalement, toute initiative en dehors de lÉtat. La fragmentation et parfois les rivalits des trajectoires nationales qui entravent les dynamiques rgionales.

Enfin, le poids crasant de la question palestinienne dans le monde arabe au dtriment des enjeux locaux. Le Printemps arabe avait sembl un temps soulever cette chape, et le premier FSM Tunis devait enclencher une dynamique nouvelle pour les socits civiles.



Une rgion en crise


On sait prsent ce quil est advenu de ces espoirs. LÉgypte vit sous une dictature indite sous prtexte dradication des Frres musulmans et de lislam politique. La rvolte syrienne a t dvoye par lescalade dans la militarisation de la rpression en un affrontement entre deux monstres politiques. La Libye est devenue le champ daffrontement des tribus rivales dans la captation de la rente ptrolire, entre conflits idologiques internes et interfrences internationales. Le soulvement marocain nest pas parvenu sortir du primtre de protestation autoris par la monarchie. En Algrie, la rvolte a t tue dans luf et le pays semble vivre une interminable crise de succession. Dans le vide laiss par la faillite des États, lorganisation de lÉtat islamique ranime les vieux rves de nation arabe et musulmane, ractive, sous une forme dvoye, la rvolte contre lordre imprial occidental, et attire elle des milliers de jeunes que la sclrose de cette rgion laisse sans perspective de changement.

Dans ce vortex de crises, reste la Tunisie, parvenue aprs quatre ans, entamer la toute dernire phase de sa transition institutionnelle par des lections lgislatives et prsidentielle, libres et ouvertes, qui ont eu lieu au dernier trimestre 2014. Pour que la transition soit complte, il lui faut maintenant former la Cour constitutionnelle, le Conseil suprieur de la magistrature et deux autorits indpendantes : le conseil du dveloppement durable et des droits des gnrations futures, et linstance de luttes contre la corruption. Avec une tradition tatique bien tablie, en labsence dune arme prdatrice qui monopolise lconomie, sans mosaque confessionnelle que le pouvoir peut instrumentaliser pour se maintenir, sans un appareil dÉtat prt sacrifier son peuple plutt que de lcher le pouvoir, la Tunisie a donc toujours les atouts pour viter les drives et russir sa transition.




Le dbut d'un processus


En 2013, le vaisseau FSM avait atterri dans un moment politique et psychologique dltre. À peine deux mois aprs lassassinat du leader dextrme gauche, Chokri Belaid. La tension entre le gouvernement de coalition dirig par les islamistes dEnnahdha et lopposition ne cessait de saccrotre, en dpit des tentatives de ngociation pour trouver des accords sur les points litigieux de la Constitution et pour poser les jalons vers des lections une chance prvisible. Toutes les nergies taient captes par cette polarisation politique.

Le contexte est aujourdhui nettement plus apais. La russite de la transition institutionnelle nest cependant pas la fin du processus entam par le soulvement de lhiver 2010, elle en est le dbut. En matire de rformes, tout reste faire. Sur le seul plan lgal, il faudrait rviser quelques 450 lois pour les rendre compatibles avec les nouvelles normes constitutionnelles, plus protectrices des liberts, plus exigeantes en matire de droits conomiques et sociaux. Un chantier norme.

Si lon se rfre aux problmes lorigine du soulvement, mise part la question des liberts et du pluralisme politique, aucun na connu un dbut de solution, sils nont pas empir. La police a retrouv sa latitude daction, relgitime par la lutte contre le jihadisme, sans que ses pratiques naient rellement t remises en question. Les rgions loignes de Tunis nont toujours pas vu venir dinvestissement de nature remdier leur marginalisation. Les zones les plus proches des frontires libyenne ou algrienne ne survivent que grce une conomie parallle qui les place sous la coupe des barons de la contrebande. Lconomie reste entrave par une bureaucratie archi-centralise, par la crise structurelle des banques publiques et prives, la capacit de relance de lÉtat est paralyse par le manque de moyens budgtaires qui loblige creuser lendettement pour faire face ses chances.

La corruption est toujours aussi rpandue. La production de phosphate est enlise dans une question sociale laquelle aucun pouvoir nest parvenu trouver de solutions innovantes. Les exigences de la comptitivit dans lindustrie mettent nouveau sous pression les salaires et les droits syndicaux





Au nom de la stabilit


Les nouvelles institutions, censes donner plus de poids au Parlement devant lequel le Premier ministre est thoriquement responsable, nchappent pas une forme de prsidentialisation, comme en France. Llection au suffrage universel du chef de lÉtat, prserv de tout contrle institutionnel, lui confre une lgitimit ingale. Au nom de la stabilit quattendent les partenaires de la Tunisie, proccups par le risque de contagion de la crise libyenne et la ncessit de donner une assise politique solide des rformes de structure, une large coalition gouvernementale inclusive , selon le nouveau mantra des gestions de crise, a t forme.

En clair, Nidaa Tounes, le parti sorti vainqueur des lections, qui sest constitu et qui avait fait campagne contre Ennahdha et lintgration de lislam politique, a finalement fait une place dans son gouvernement un ministre (charg de la formation et de lemploi) et trois secrtaires dÉtat issus des rangs du parti islamiste. Moyennant quoi, avec lappui de deux autres partis libraux, le gouvernement dispose dune majorit confortable.

Mais ni lhritage bourguibien (1) revendiqu par le leader de Nidaa Tounes, Beji Caid Essebsi aujourdhui prsident de la Rpublique, ni les marchandages laborieux pour la composition du gouvernement ne sont de nature larmer pour faire face aux immenses dfis du moment, ni lui donner une vision davenir et un projet rformateur.

Pour linstant, les investisseurs trangers potentiels et les bailleurs multilatraux font clairement comprendre quils attendent du gouvernement des rformes cls : orienter le budget vers linvestissement (et donc tailler dans la masse salariale qui en engloutit plus de la moiti, et la subvention des produits de premire ncessit), rformer le secteur bancaire, la fiscalit, ladministration et le code de linvestissement, introduire le partenariat public-priv Une transformation de lconomie que Bji Caid Essebsi nhsite pas comparer aux rformes par lesquelles Habib Bourguiba avait bris les structures traditionnelles dans les annes 1950.




Quel espace pour les alternatives ?





Quel est espace pour des alternatives sociales et cologiques dans ce contexte pesant et incertain ? Lors des lections, la frange de la gauche qui dfend le projet de socit moderniste et tourn vers lOccident de Habib Bourguiba, et qui est compose plutt dintellectuels, a t balaye. Le Front populaire, qui rassemble diffrents courant dextrme gauche (marxistes, baathistes, nationalistes arabes), a rcolt, aux lgislatives, les fruits dun travail de terrain, avec quinze dputs. Mais aprs avoir implicitement fait campagne en faveur de Bji Cad Essebsi pour contrer linfluence dEnnahdha, il se retrouve prsent isol, et, qui plus est, min par les divergences idologiques et stratgiques qui sparent ses composantes.

Pour toute une gnration de jeunes, lespoir dune transformation ne passera pas par les institutions mais par laction de terrain. Dans ce domaine le Forum tunisien des droits conomiques et sociaux, le FTDES, lune des structures organisatrices du FSM, travaille structurer, du niveau rgional au niveau national, des mouvements sociaux, comme celui des 70 000 ouvriers de chantiers, ou faire merger les questions denvironnement afin de les faire entendre par les autorits centrales. La tenue dun FSM Tunis pourrait renforcer et dmultiplier cette dynamique encore balbutiante.

En 2013, ctait un peu tt. Nous tions dans un contexte satur par les enjeux politiques. Il ny a pas eu vraiment de connexion entre associations, pas de thmatique de travail qui ait merg, pas de recours de nouvelles expertises. En un mot, il ny a pas eu de choc, se souvient Alaa Talbi, directeur des projets du FTDES. La seule chose, cest le caractre festif de la marche douverture. On navait jamais vu a Tunis. Dans le contexte de lpoque, ctait une bouffe dair frais. La prochaine dition sera sans aucun doute diffrente : Nous avons conscience que cest probablement la dernire fois avant longtemps quun FSM se tient dans la rgion. Cest une occasion ne pas rater , conclut-il.

(1) En rfrence Habib Bourguiba, pre de lindpendance tunisienne et prsident de la Rpublique de 1957 1987. Lire aussi La Tunisie, nostalgique de Ben Ali ?





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