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IRAN. "L'image de la scne d'excution ne me quittait pas"

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2015-04-01
 
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IRAN. "L'image de la scne d'excution ne me quittait pas"

IRAN. "L'image de la scne d'excution ne me quittait pas"






Hamed Ahmadi, reconnu coupable d'"inimiti l'gard de dieu", a t excut le 5 mars 2015. "L'Obs" publie sa dernire lettre, dans laquelle il raconte ses annes de dtention.
Ils nous ont band les yeux et menotts, tous les 10, et nous ont pousss bord d'un bus en nous insultant. Je me suis demand si je reverrais ma fille un jour"

Condamn mort, Hamed Ahmadi a t excut le 4 mars 2015 en Iran. Avant de mourir, il a pu livrer un dernier tmoignage. Reconnu coupable en 2012 d'"inimiti l'gard de dieu", il raconte dans son texte ses cinq dernires annes dans le couloir de la mort.
Ce tmoignage a t transmis ses proches, puis publi sur le site Vice News. Il a t traduit en franais par l'ONG Amnesty International. Nous le reproduisons en intgralit ci-dessous.
Selon le rapport annuel publi par Amnesty mercredi 1er avril, il y a eu 289 excutions en Iran en 2014, 278 hommes et 11 femmes. Un chiffre effroyable, d'autant que chiffres officiels communiqus par les autorits iraniennes ne refltent pas tout fait la ralit. Amnesty value 743 le nombre de mises mort en 2014.
"Les minorits ethniques et religieuses sont touches de manire disproportionne par ces excutions qui font souvent suite des procs iniques o les 'aveux' arrachs au moyen de la torture et d'autres mauvais traitements sont admis titre de preuve", souligne encore Amnesty international.
La lettre d'Hamed Ahmadi :

Par une froide matine d'automne, en novembre 2012, ils m'ont rveill et m'ont annonc que j'allais tre transfr la prison de Sanandaj [province du Kurdistan]. Il tait habituel de transfrer les condamns mort seulement pour l'application de leur peine.
J'ai senti l'ombre de l'excution au-dessus de ma tte. Tout le quartier a t rassembl. Il y avait alors 10 prisonniers dans le couloir de la mort. Certains pleuraient, d'autres taient perdus dans leurs penses. Nous nous disions qu'ils ne faisaient peut-tre que nous transfrer, mais les regards humiliants des gardiens disaient autre chose. Ils nous ont band les yeux et menotts, tous les 10, et nous ont pousss bord d'un bus en nous insultant.
J'ai essay de penser mes bons souvenirs pour me remonter le moral, mais il est difficile de penser au bonheur quand vous tes deux pas de mourir. À notre arrive, ils nous ont fait sortir du bus et ont jet nos affaires par terre. Il pleuvait et le sol tait couvert de boue. Ils ont remplac nos menottes en mtal par des menottes en plastique, mais les ont serres si fort que certains de mes camarades se sont mis saigner. Ils ont enlev nos bandeaux sur les yeux et nous ont conduits dans une pice aux murs couverts de notes crites la main par des personnes condamnes mort qui y avaient t amenes avant leur excution. Nous nous sommes lavs pour les prires et avons commenc prier pour trouver la paix et le rconfort.
Je me suis demand si je reverrais ma fille un jour. Elle tait ne quand je ne pouvais pas tre ses cts. J'ai demand Dieu de donner de la patience mes proches et souhait qu'on me laisse au moins leur dire au revoir.
La porte s'est ouverte. Nos curs ont commenc battre la chamade. Le cauchemar de la mort devenait ralit. Ils nous ont spars. Notre moral baissait et notre peur montait. Le temps passait plus lentement que toute notre vie. La veille au soir, la tlvision avait diffus un documentaire sur nous. Tout le monde tait d'avis que c'tait un signe que notre peine allait bientt tre applique.
Mais 45 jours se sont couls. Chaque jour, nous pensions que nous allions tre excuts le lendemain mais personne ne venait nous cherchait. Nous nous sommes approchs de la mort 45 fois. Nous avons dit adieu la vie 45 fois.

Juste au moment o nous commencions reprendre espoir de ne pas tre excuts, o nous avons pu recommencer penser la vie, nos noms ont t annoncs parmi la liste des dtenus transfrs la prison de Rajai Shahr. À nouveau, le cauchemar de la mort. À nouveau, la rptition de l'image d'un homme pendu au bout d'une corde dans notre tte. Une fois sur place, ils nous ont donn des tenues bleu clair destines aux personnes qui vont tre excutes. L'image de la scne d'excution ne me quittait pas une seconde. Trois jours se sont couls.
Le dsarroi m'a envahi. Mon cerveau ne fonctionnait plus.
Je tambourinais la porte sans m'arrter et criais pour que quelqu'un vienne rpondre mes questions : pourquoi sommes-nous ici ? Ma famille est inquite. Permettez-moi au moins de passer un appel tlphonique. Finalement, j'ai pu tlphoner. Ma sur s'est mise pleurer ds qu'elle a entendu ma voix : "Tu es vivant ? Le dput de Sanandaj, Salar Mohammadi, a appel et dit que vous aviez t excuts tous les 10." Ils avaient organis une crmonie funbre pour nous.
J'ai ensuite appel mon frre. Il tait devant la prison. Je lui ai demand s'il avait eu des nouvelles des six personnes qui n'taient pas avec nous. Il a pleur et rpondu : Ils les ont pendus aujourd'hui et n'ont pas rendu les corps. J'ai perdu le contrle de moi et me suis mis pleurer et hurler. Les hommes avec qui j'avais partag une cellule pendant trois ans et demi n'taient plus de ce monde. Je n'arrivais pas y croire. J'tais dvast. Aucun d'eux n'avait pu dire adieu sa famille.
L'excution me suivait et suivait mes proches chaque seconde. Mes proches taient excuts avec moi encore et encore. S'ils n'avaient pas eu de nouvelles de moi pendant une journe, ils venaient immdiatement la prison en pensant que c'en tait fini pour nous... Nous nous sommes retrouvs dans cette situation o, toutes les minutes, nous avions l'impression d'avoir une corde place autour du cou."


S. D.






 

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