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Les deux faces de la censure

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2015-05-04
 
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Manqool Les deux faces de la censure

Les deux faces de la censure






Lorsquen avril 2014, lors dun dner la prsidence de la Rpublique, un haut responsable a lanc : Ces deux journaux seront ferms au plus tard dans six mois, les prsents ont estim que les jours dEl Khabar et dEl Watan taient compts.


Depuis louverture du champ mdiatique il y a 25 ans, la presse algrienne a bien prolifr avec plus dune centaine de journaux et une trentaine de chanes de tl. La libralisation de la presse a bien eu lieu et la libert de ton, mme slective, fait miroiter lillusion dune presse libre et indpendante. Certes, il nexiste pas de libert absolue, mme dans les pays occidentaux supposs dmocratiques. Quand les pressions ne sont pas exerces par les politiques eux-mmes, elles le sont par leurs relais conomiques.
En Algrie, le nombre dincidents recenss ces dernires annes, mois et semaines portant atteinte la libert de la presse sont multiples. Directement ou indirectement par lui-mme ou via ses relais, le pouvoir politique veille au grain. Il y a quelques jours, une mission satirique sur Al Djazaria qui ne prenait pas de gant pour dnoncer les dpassements de certaines tenants du pouvoir politique a t arrte pour atteinte aux symboles de lEtat. Miloud Chorfi, prsident de lAutorit de rgulation de laudiovisuel, a assur pourtant que son organisme ntait pas un mcanisme de censure.
Quelques mois plus tt, un journaliste de la chane dAli Haddad, Dzair TV, tait suspendu dantenne pour avoir, selon lui, os poser une question gnante au premier ministre Sellal. En 2012, les quotidiens El Khabar et El Watan dnonaient des tentatives de chantage politique et dtranglement exerc par le biais des redressements fiscaux. Lanne dernire, El Djazair News sest vu interdit de publication par la Socit dimpression du Centre (SIA). Le journal avait notamment abrit une rencontre du groupe Barakat, hostile la rlection de Bouteflika, mais la raison officielle invoque par la SIA tait le non-payement dune dette de plusieurs milliards de centimes.
Dailleurs, dautres publications avaient subi le mme sort pour les mmes raisons. Pour le ministre de la communication Hamid Grine, les imprimeries sont des entreprises souveraines et libres dadopter les moyens utiles pour recouvrer leur argent. Selon lui, sur de 4 milliards dA de factures impayes, les imprimeries publiques nont rcupr que 200 millions de dinars. Il estime que certains journaux dgagent, grce la publicit, suffisamment de bnfices pour rgler leurs dettes.
Argument commercial
Largument commercial pour surseoir la libert de la presse a le mrit dtre plausible. Il est surtout efficace, surtout quand lentreprise de presse est fbrile. Quand tu es fragile financirement, ce qui est le cas de 90% des journaux, on lche sur toi les imprimeries pour quelles rcuprent leurs crances, commente un ancien patron de presse. LEtat contrle lessentiel des moyens dimpression, mais quid des journaux qui disposent de leurs propres imprimeries ?
Il y a quelques mois, le journal El Khabar parmi les deux premiers gros tirages arabophones du pays, accusait Hamid Grine de faire pression sur les annonceurs pour que ces derniers cessent de donner de la publicit aux journaux jugs trop virulents lgard du pouvoir. Le chantage limpression se transformerait-il en chantage la publicit ?
Nous avons t approchs pour que lon cesse de donner de la pub certains journaux, mais nous navons pas cd. De toute manire, ils nont aucun moyen de nous contraindre le faire, nous dit-on au niveau dun concessionnaire qui dispose dun budget publicitaire de plus de 500 millions DA par an. Le tirage dun journal et la cible quon veut toucher sont les critres principaux dans le choix du support.
La ligne ditoriale nest pas trs importante pour nous, prcise la mme source. Hamid Grine a tout de mme rfut les accusations dont il a fait lobjet, dclarant que le professionnalisme reste le seul critre pour loctroi de la publicit. Le PDG dOoredoo affirmait, lui, que loctroi de la pub relevait de la pure logique commerciale Une telle logique supposerait que lannonceur placerait sa publicit l o elle a le plus de chance dtre vue par une grande partie de la cible recherche, soit des supports audiovisuels qui ont les plus gros taux daudience et les journaux qui ont les plus gros tirages.
Or, ce nest pas toujours le cas. Certains gros tirages sont interdits de publicit tatique depuis des annes. Des annonces dappel doffres sont publies dans des journaux faible tirage avec des rsultats infructueux, note un ancien patron de presse. Mais, depuis quelque temps, les annonceurs comptent de plus en plus sur le conseil des agences de communication pour tre orients selon des critres normalement objectifs, nous dit-on.
Dfi
On slectionne les meilleurs supports en fonction de leur audience, des journaux selon leur tirage, leurs ventes, la cible quils touchent, explique la responsable dune agence de communication qui compte dans son portefeuille-clients des annonceurs du secteur bancaire et automobile. Cette bote achte pour 4,5 millions DA/an auprs dune agence de marketing spcialise les tudes actualises sur les parts de march des diffrents mdias.
Un bon outil daide la dcision, mais certaines agences ne travaillent pas toutes ainsi. Certaines cherchent simplement leur intrt, la meilleure commission obtenir. Il y a beaucoup de subjectivit, dplore notre source. Pour lancien ministre de la communication, Abdelaziz Rahabi, les menaces politiques comme conomiques participent du mme esprit, car elles font de la publicit un outil de pression sur la ligne ditoriale des mdias qui affichent une libert de ton.
Louverture au priv en 1990 pour la presse crite et en 2012 pour laudiovisuel sest faite sous la pression (octobre 88 et le Printemps arabe respectivement), ce qui tmoigne, selon lui, de lincapacit du systme politique anticiper, car il na pas de traditions rformatrices et ne ragit, historiquement, que par rapport la violence. La stigmatisation des mdias souvent points du doigt pour leur manque de professionnalisme et dthique est une ruse des pouvoirs publics pour saffranchir de la critique.
Pour lheure, la question essentielle est de savoir si le pouvoir politique est dispos saccommoder dune presse qui rend compte de la corruption, de la mauvaise gestion de la richesse publique, ou de tout autre manquement la bonne gouvernance, pense notre interlocuteur. La presse algrienne tant considre comme un contre-pouvoir gnant et incontrlable, la rponse serait, a priori, non.

Safia Berkouk




 

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