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Terrorisme : Aprs lexode, lenvie du retour

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2015-05-30
 
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Manqool Terrorisme : Aprs lexode, lenvie du retour

Terrorisme : Aprs lexode, lenvie du retour








Le temps a pass. La douleur, un peu aussi. Makhlouf, Fars ou Mohand veulent regagner le village quils ont abandonn dans les annes 1990. Dans plusieurs rgions touches par le terrorisme, les villageois demandent revenir dans leurs douars. Mais tout est reconstruire. Reportage Bordj Menael.


Idjalouahne, Boumessra, At Yaghzar, Ighil nSeda, At Oumeziane, At Sad Ouamar et Boudjlil. Tous les quinze jours, Boualem Silem, prsident de lassociation Imenayen Irafaane, organise des rencontres entre les habitants de ces villages de la wilaya de Boumerds et ceux qui en sont partis dans les annes 1990 et souhaitent aujourdhui y revenir.
Les habitants de ces mmes villages avaient organis au dbut du mois un sit-in devant la wilaya de Boumerds pour rclamer un quipement minimum en eau, en routes, des coles, des tablissements de sant... Car, comme le relve Boualem Silem, tout manque. Parfois, il ny a mme pas de route qui mne ces villages. Je pense que le problme scuritaire ne se pose plus depuis des annes. Lobjectif de cette association est de permettre aux ex-habitants de ces villages dy retourner et du moins de travailler leur terre et de rcuprer leurs biens sils existent toujours, poursuit-il.
Ils peuvent en effet refaire leurs maisons pour un retour ventuel ou en construire de nouvelles. Ils peuvent aussi, si la route est faite, retourner leur activit agricole. Ammi Rabah, 70 ans, fait partie de ceux qui nont jamais quitt leur douar. Je fais laveugle et le sourd pour avoir la paix. Mais ceux qui passent, terroristes ou militaires, je leur dis salam alikoum. Nous sommes aujourdhui des esclaves civiliss. Sa maison presque en ruine est perche sur une montagne, dans le village dIdjalouahne, Bordj Menael, dans la wilaya de Boumerds. Un village abandonn et oubli par les autorits locales. Aujourdhui, il y a seulement quatre familles qui y survivent.
Les autres ont fui le terrorisme qui a accentu la misre dans laquelle ils vivaient. Pour arriver Idjalouahne, il faut parcourir 14 km, dont 3 de piste difficilement accessible. En cours de route, aucune trace de vhicule, ni dhabitant. Les sentiers emprunts gardent les traces de chars qui, pendant la dcennie noire, sont passs par l. Au bord de la route, des grenadiers, des figuiers et des oliviers abandonns et mal entretenus. Lherbe sauvage couvre presque tout, si bien quil est difficile de reconnatre le chemin. Les maisons sont presque toutes abandonnes.
Reprsailles
Le nombre de villageois se compte sur le bout des doigts. Juste lentre du village, se trouve une ancienne maison, peinte en blanc, entoure de modestes barrires vertes. Rcemment revenu dans son village, le propritaire, qui avait fui Idjalouahne pour sinstaller chez sa belle-famille Tizi Ouzou, est le seul mettre des pots de fleurs devant sa porte.
Au village, on dit de lui quil a de largent, car il a un scooter. Aujourdhui, il revient pour tenter de travailler ses champs. A quelques mtres de chez lui, on retrouve Ammi Sad. Boitillant, appuy sur sa canne, le dos courb, il occupe depuis sept ans ce qui devrait tre un centre de soins de proximit. Avec du zinc, il a construit une extension pour son troupeau. Ammi Sad sait quil occupe illgalement les lieux, mais il en rit. Je surveille le centre. Je rends service lEtat en gardant cette structure. Je lentretiens mme.
En 2008, il a fui Anar Ighil, 6 km de Idjalouahne, la recherche dun nouveau toit. Les annes de terrorisme ont accentu sa misre. Il se souvient encore : Les groupes terroristes sont venus un jour se cacher chez moi suite un bombardement de larme. Mais jai refus et leur ai demand de partir de peur de reprsailles des militaires. Des terroristes, tout le monde dit quil ny en a plus Idjalouahene. Pourtant, ils trouveraient ici de quoi se rfugier, car personne ne passe ! relvent, unanimes, les habitants. Les dernires oprations de ratissage remontent 2008 et 2014.
Les habitants prfrent plutt ne pas voquer les annes de terrorisme. Nous navons pas eu recours aux services de patriotes, tmoigne Mohamed, un ex-habitant dIdjalouahene qui sest install Bordj Menael, en laissant sous-entendre quils se sont dfendus tout seuls. Nous avons fait face tout seuls !, senflamme Ammi Rabah. Sans armes, nous avons russi faire fuir tout un groupe terroriste qui venait nous demander de largent et de la nourriture ! En dpit de cette rsistance, plusieurs reprises nous avons t accuss de non-dnonciation par larme, ajoute un ex-habitant.
Les Ntres
Les quatre vieux qui habitent encore sur la montagne avec femmes et enfants restent dans leurs maisons. De toutes les faons, il ny a rien voir ni faire lextrieur. Tout est abandonn. Seuls de petits potagers bien quil ny ait pas deau sont les tmoins dune prsence humaine. Makhlouf, 60 ans, vit lui aussi Bordj Menael. Les visites des terroristes et de larme se succdaient chaque jour. Nous recevions les groupes terroristes, et quelques minutes plus tard les militaires venaient inspecter les lieux et nous subissions des interrogatoires. Nous tions tout le temps menacs des deux cts.
Pour ses 8 enfants, il a prfr fuir le village en 1995 pour sinstaller dans un bidonville au centre- ville de Bordj Menael, dit Pastos, danciennes fermes transformes depuis quelques annes en habitations de fortune. Ici, on appelle les habitants les ntres, par opposition ceux qui sont venus des autres wilayas. Mes enfants voulaient aller lcole, explique Makhlouf pour justifier son exode. Car Idjalouahne ou Boumesra il ny a plus dcole depuis des dcennies. Il reste uniquement des murs en ruine, sans tuiles, ni fentres, encore moins de portes. Tout a t vol. Cest la fin des annes 1980 que les enseignants de la seule cole primaire ont commenc fuir les lieux. Il ny avait pas de transport.
Les enseignants avaient du mal arriver en classe ou retourner chez eux en fin de journe. Avant de quitter dfinitivement les lieux au dbut des actes terroristes en 1990, les enseignants venaient deux heures seulement dans la semaine, sans se tenir des horaires rguliers. Les cours se sont faits de plus en plus rares jusqu la fermeture dfinitive des classes. Les enfants du village, o du moins ceux qui sont rests, sont aujourdhui illettrs. Depuis que lcole a ferm, mes enfants nont plus t scolariss, regrette Ammi Rabah, ancien moudjahid et pre de 10 enfants.
Stigmates
Et mme quand elle existait, et lorsque les coliers devaient rejoindre le collge la fin du cycle primaire, il fallait parcourir 14 km pied ! se souvient Boualem, aujourdhui mdecin spcialiste qui a quitt le village lge de 14 ans. Ici, il ny a pas deau, pas de centre de sant, pas de lieux de loisir, pas dcole, pas de transport et il reste des foyers sans lectricit. Les compteurs lectriques ont t vols. Toutes les maisons sont sans toit, ni boiserie. Depuis que leurs propritaires les ont abandonnes, elles ont servi de refuge pour les groupes terroristes. Tels des stigmates, certaines gardent encore les traces des engins militaires qui tentaient de les encercler.
Les ex-villageois rencontrs Pastos ou ceux qui restent sur place dans ces villages dnoncent le laisser-aller des autorits locales. Mohamed narrte pas dvoquer lHistoire glorieuse de cette rgion bombarde en 1956 par larme franaise. Depuis lIndpendance, nous navons bnfici daucune aide de lEtat. Rien na t fait pour cette population qui compte 122 chouhada, regrette-t-il. La seule stle qui mettait en valeur le sacrifice de la population pendant la guerre de Libration a t rase par lANP pour largir la route et effectuer ses oprations pendant les annes 1990. Pour sapprovisionner en eau, il faut se dplacer jusqu une source.
Il y en a deux dans le village. Mais, depuis quelque temps, les services dhygine de lAPC de Bordj Menael ont affirm que cette eau nest pas potable ! Nous continuons la consommer. Nous navons pas dautre choix, jusqu ce que les autorits locales dcident de nettoyer la bche eau qui existe depuis des annes et de la faire fonctionner. Vous croyez que lon va acheter de leau minrale ? Il faut faire au moins 14 km pour en acheter, raconte un villageois. La seule boutique dalimentation gnrale qui a pu rsister jusqu 2005 nexiste plus.
Cultiver
Depuis, pour faire des courses il faut descendre en ville et payer 25 DA la place, si place il y a. En plus, il faut parcourir la piste pied et marcher encore quelques kilomtres pour arriver Bordj Menael, l o les fourgons arrivent. Comme je descends rarement en ville, je dois alors faire le plein. Je finis par ramener mes courses dans un taxi clandestin. Et cela me cote 500 DA. Car personne naccepte de saventurer jusquau village, tmoigne encore ammi Rabah. Ces habitants rclament aujourdhui des autorits locales que soient mis leur disposition des moyens pour une vie dcente. A Pastos, ils sont nombreux ceux qui sont venus de ces villages pour fuir la misre. En hiver, je dois mabsenter pour ramener mes deux filles lcole.
Elles doivent marcher au moins 20 minutes pied dans la boue le long de la rivire, regrette Fars. Et dajouter : Cela reste quand mme mieux quIdjalouhne. Au moins, ici, nous avons droit lcole et la sant et nous pouvons nous dbrouiller pour travailler. A en croire Mohamed, se rinstaller dans les villages abandonns est un peu le rve de tous ceux qui les ont quitts. Pourvu que les autorits locales nous aident. Il faut de tout. Nous voulons du travail, des lieux de loisir o les jeunes peuvent apprendre aussi un mtier, des transports, une cole
La revendication principale : construire une route goudronne jusquaux villages isols. Si on veut demander de laide pour construire un logement rural, laide de lEtat ne suffit pas dans la mesure o un camion de ciment est lou 10 000 DA pour 10 sacs seulement. Il ny a pas de route, atteste encore Mohamed. La plupart des habitants qui ont fui veulent reconqurir leurs terres pour vivre. Mme si on ny habite pas, nous voulons cultiver nos champs, insiste Mohand. Nous avons des oliviers et des arbres fruitiers que nous voulons rcuprer, mais il ny a pas de route pour y accder, ni deau pour les irriguer.

Nassima Oulebsir




 

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