> >

[] [ ]

la guerre actuelle n'est pas un conflit chiites / sunnites

(Tags)
 
Irak: des habitants sunnites et chiites sallient... Emir Abdelkader 0 2014-10-08 11:20 AM
Sanaa paralyse par les violences entre sunnites et chiites Emir Abdelkader 0 2014-09-21 12:16 PM
Tensions exacerbes entre sunnites et chiites Emir Abdelkader 0 2014-08-23 12:52 PM
La guerre secrte entre chiites et sunnites au Pakistan Emir Abdelkader 0 2014-06-06 12:03 PM
Femme Actuelle Hors-Srie Cuisine N 52 fooka19 0 2014-02-25 12:19 AM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2015-06-14
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,944 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
la guerre actuelle n'est pas un conflit chiites / sunnites

Ymen : la guerre actuelle n'est pas un conflit chiites / sunnites. C'est plus complexe






LE PLUS. En septembre 2014, les Houthis sont entrs dans la capitale du Ymen, Sanaa et ont chass le prsident Abd Rabbo Mansour Hadi. Les premiers sont soutenus par l'Iran, le deuxime par l'Arabie saoudite. Une lecture rapide du conflit pourrait laisser penser qu'il s'agit d'un affrontement entre chiites et sunnites. Olivier Hanne, islamologue, nous explique que c'est loin d'tre le cas.

Tout le monde saccorde pour voir dans la guerre dbute au Ymen en janvier 2015 un conflit opposant sunnites et chiites, do la ncessit dempcher ces derniers censs tre les plus dangereux radicaux de la plante de prendre le pouvoir. Lanalyse historique et gopolitique de la situation impose de nuancer ce tableau.

La population ymnite nest pas chiite, mais zaydite

Le zaydisme est, lorigine, une secte fonde par Zayd ibn Al, membre de la parent du Prophte, qui sest spare des chiites vers 740. Le groupe considre comme les chiites que le pouvoir califal limmat doit aller un descendant de Al et de Ftima, tout en dfendant la ncessit dun consensus autour de la dsignation de limm, thorie proche du sunnisme. Ils assurent surtout que le pouvoir lgitime doit tre dfendu par la force, voire pris par les armes et linsurrection. Leur tat desprit les poussait donc facilement dans les rvoltes et lorganisation de coups de main.

La doctrine zaydite fut thorie par Yahy ibn al-Husayn al-Hd qui devint mir du Ymen (897-911), et y implanta le zaydisme. Ce courant nest donc pas rductible au chiisme "classique", c'est--dire duodcimain, majoritaire en Iran ; il serait plutt une sorte dintermdiaire thologique entre sunnisme et chiisme. En outre, cette doctrine nest pas unique dans le pays, puisquelle ne reprsente quun tiers de la population, lest et le sud sont sunnites de rite shfiite, tandis que le sultanat dOman voisin est ibadite et lArabie Saoudite hanbalite, deux mouvements intgrs au sunnisme.

Les divisions dynastiques

Aprs lislamisation, qui prit trois sicles, le Ymen se retrouva sous la domination de petites dynasties successives professant le zaydisme : les Yufirides (847-997), les Nadjhides (1021-1156), les Suhayhides (1047-1138), les Zurayides (1080-1173).

Chacune tait porte par un groupe tribal particulier et sappuyait sur une rgion du sud de la pninsule. Leur unit tait assure par le zaydisme, de sorte que les Suhayhides, installs Sanaa, prtrent allgeance aux Ftimides du Caire, eux aussi chiites. Ils sopposrent violemment aux Nadhhides qui dominaient la Tihma.

Le systme politique tait contrl par les shrifs, c'est--dire des membres de la haute aristocratie et des chefs de clan qui mettaient en avant leurs origines mecquoises et leur proximit gnalogique avec le Prophte.

Le chiisme partag nvitait nullement les conflits violents entre groupes tribaux, ainsi au XIIe sicle pour le contrle de Sanaa.

La lutte pour lindpendance

En 1173, les troupes de Saladin, notoirement sunnites, envahirent le Ymen, brisrent les dynasties locales. Cette fragilisation des petits mirats chiites de la rgion facilita la domination des Raslides (1228-1454), considre comme lapoge du Ymen avant loccupation ottomane partir de 1516. Mais les Turcs nexercrent quun contrle nominal et composrent avec les imms zaydites qui menrent la rsistance pendant un sicle.

En 1629, les zaydites prirent Sanaa, renversrent les armes ottomanes et instaurrent un systme politique fond sur limmat zaydite.

En confiant le gouvernement du pays une succession dimms, les Ymnites renforaient la place et lautorit du pouvoir religieux, sans pour autant empcher les tentatives de coup dEtat et les querelles entre prtendants limmat.

Sous limm al-Mutawakkil (1644-1676), le pays connut un nouvel essor en conqurant lHadramaout, mais la puissance ottomane, forte de son armement et profitant dune vacance dans limmat, parvint occuper nouveau le Ymen en 1872. Les rvoltes zaydites et la dsignation dimms rsistants ne purent rien faire contre lhgmonie turque.

En 1918, la dfaite ottomane rendit au Ymen son indpendance sous le contrle de limm Yahy, qui isola le pays et le maintint dans le sous-dveloppement. Son assassinat en 1948 amena au pouvoir son fils, personnage violent et autoritaire, qui ne parvint jamais simposer Sanaa et dut seffacer dans la cit de Taz. À sa mort en 1962, larme, influence par le nationalisme arabe et Nasser, prit le pouvoir et abolit limmat.

Les deux Ymen

Ds le XIXe sicle, le Ymen fut coup en deux : au nord lEtat-immat, et au sud la colonie anglaise structure autour du port dAden et conquise ds 1839.

En 1962, la proclamation dindpendance de la Rpublique Arabe du Ymen ne concernait que la partie Nord, laquelle entra aussitt dans une priode de guerre civile, marque par les intrusions militaires de lEgypte et de lArabie Saoudite. En 1978, Al Abdallah Slih devint prsident de ce Ymen du Nord et garda le pouvoir jusquaux vnements de 2011-2012.

Le Ymen du Sud, lui, quitta le giron de de la Grande-Bretagne en 1967 et sorienta progressivement vers un systme marxiste proche de lURSS. Pourtant, dans les deux pays, des campagnes populaires militaient pour la runification, processus rendu possible par la chute du Mur, Moscou ne pouvant plus soutenir la partie Sud.

En mai 1990, les deux Ymen furent officiellement rassembls, mais cest le prsident Slih qui devint le chef dEtat du pays runifi, mettant ainsi aux commandes du Ymen toute loligarchie du nord. Ds lors, les tensions ne cessrent dtre exacerbes et dbouchrent sur une nouvelle guerre civile en 1994.

Une fracture religieuse ?

Le conflit actuel ne peut tre rduit une fracture chiites / sunnites. Celle-ci existe bien sr, mais le zaydisme est un courant du chiisme qui ne se rduit pas au groupe majoritaire duodcimain tel quil existe en Iran. Certaines tribus ymnites sont elles-mmes partages entre shafiisme et zaydisme, or lappartenance tribale lemporte bien souvent sur laspect confessionnel.


Les houthis, qui mnent la rvolte au Ymen depuis 2014, reprsentent un tiers de la population, qui est dabord sunnite shafiite. La milice houthie fut fonde par Hussein al-Houthi, aprs lindpendance du Nord en 1962, afin de garantir que la fin de limmat ne sonnerait pas celle du zaydisme et de lancienne culture tribale. Il fallait prserver la vnration des familles aristocratiques qui avaient donn les principaux imms au pays.

Le prsident Slih dut longtemps composer avec la milice, mais linfluence diplomatique des États-Unis aprs le 11 septembre 2001 et la "guerre contre le terrorisme", laquelle participait officiellement Slih, brisrent lunit de faade entre le gouvernement et les lites zaydites. Hussein al-Houthi fut mme assassin en 2004 linitiative de Slih.

Or, linfluence grandissante chez les sunnites ymnites du wahhabisme saoudien, des Frres musulmans et du salafisme dAl-Qada remit en cause les quilibres religieux traditionnels. Les lites shafiites et le sud du pays se rallirent progressivement lislamisme mondial et lidologie revancharde de Ben Laden, dont la famille tait originaire du Ymen.

Le Ymen entre Houthis, Al-Qada et lArabie Saoudite

Alors que les zaydites dominaient politiquement le Ymen du Nord depuis mille ans, ils craignirent de perdre leur ascendant politique face au dynamisme dal-Qada et de lArabie Saoudite voisine. Slih de son ct se savait menac par les États-Unis qui voulaient dmocratiser le rgime la faveur du Printemps arabe.

Oubliant les tensions rcentes avec la milice houthie, Slih dcida de la soutenir pour conserver le pouvoir face Al-Qada et Washington. Mais il fut vinc en 2011 et remplac par Abd Rabo Mansour Hadi, un sunnite favorable lArabie Saoudite. Ctait la victoire politique du projet amricano-saoudien. Les shafiites du Sud semparrent donc du gouvernement la place des zaydites. Aussitt ceux-ci lancrent une rvolte qui leur permit de prendre Sanaa en mars 2015, la capitale se situant dans la zone zaydite.

Le pays se dchira. Lancien Ymen du Nord passa entirement sous contrle des Houthis. Le gouvernement sunnite se rapprocha de Riyad. Mais les shafiites eux-mmes virent dun mauvais il ces liens htrodoxes au sein du sunnisme avec Riyad, dont la confession est hanbalite, et non shafiite. La soumission aux Saoudiens leur paraissait scandaleuse. Un courant scessionniste donc se constitua dans le sud, dsobissant au gouvernement central.

La branche locale dAl-Qada en profita pour prendre pieds dans la partie Sud, sous le nom dAl-Qada dans la Pninsule arabique (AQPA). Les Etats-Unis, qui craignaient la prsence dAQPA, organisation contre laquelle ils multiplirent les assassinats par drones, laissrent faire les Houthis dans lespoir quils briseraient le jihadisme.

Mais lanne 2014 ayant vu le retour de lIran sur la scne internationale, les Amricains identifirent dans les Houthis une cinquime colonne chiite en Arabie, alors que les liens politiques et militaires entre zaydites et iraniens ntaient nullement avrs. Ils changrent brutalement leur fusil dpaule pour soutenir les salafistes et autorisrent Riyad intervenir militairement au Ymen contre les Houthis.

Tous unis contre les Houthis

Laspect confessionnel du conflit est donc rel mais beaucoup plus complexe que le manichisme chiites / sunnites rabch dans les mdias.

Les deux camps en prsence ont eu pourtant tout intrt depuis un an sidentifier progressivement une confession reconnue de lislam, les Houthis au chiisme duodcimain, les Ymnites du Sud au sunnisme hanbalite, les uns pour obtenir laide de lIran, les autres pour avoir celle de lArabie Saoudite, dAQPA, voire de lÉtat islamique.

Mais si les mdias iraniens se scandalisent du sort rserv aux Houthis, ils ne pourront pas leur venir en aide en raison de lloignement de ce thtre de guerre et parce que les houthis ne contrlent aucun port o dbarquer des armes. De lautre ct, les mdias de Daech ont pris fait et cause pour la guerre faite contre les Houthis, tout comme les Etats-Unis.

Sur le plan mdiatique, les adversaires des Houthis ont tout fait pour les identifier un chiisme rvolutionnaire et violent, pour mieux les associer lIran et au danger quil reprsente. Les acteurs de ce plan de communication sont les États-Unis et lArabie Saoudite. À la haine anti-iranienne sest ajoute chez ces derniers une sympathie naturelle pour les scessionnistes radicaliss du Sud, proches du wahhabisme, voire dAQPA. Riyad continue donc son jeu trouble de sduction des salafistes les plus dangereux de la plante.



 

()


: 1 ( 0 1)
 

la guerre actuelle n'est pas un conflit chiites / sunnites




09:40 AM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,