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Tahar Zbiri revient sur le putsch du 19 juin 1965 : ...

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2015-06-18
 
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Tahar Zbiri revient sur le putsch du 19 juin 1965 : ...

Tahar Zbiri revient sur le putsch du 19 juin 1965 : Ben Bella a t victime de son zamisme






Cinquante ans aprs les faits, l'ancien chef dtat-major, Tahar Zbiri, revient sur cette fameuse nuit o il a dpos Ahmed Ben Bella. Il nous livre son tmoignage sans regret ni amertume.


Le 19 juin 1965 1h30, le premier prsident de lAlgrie indpendante reoit une visite qui marque dune empreinte noire lhistoire du pays. Le chef dtat-major de larme vient lui signifier la fin de la comdie, autrement dit sa destitution. Cinquante ans aprs les faits, ce chef dtat-major, Tahar Zbiri, revient sur cette fameuse nuit et nous livre son tmoignage sans aucun regret ou amertume.
Audacieux, Ben Bella sest confondu avec lEtat, il sest impos comme lEtat et le pouvoir, il tait Prsident, chef du gouvernement, ministre des Affaires trangres, il lui restait carter Boumedine pour avoir la Dfense. On lui a compt une vingtaine de responsabilits, ctait de la dmesure, il fallait y mettre un terme, se rappelle notre interlocuteur du haut de ses 86 ans. Tahar Zbiri affirme que plusieurs runions ont eu lieu avant le coup dEtat, regroupant le colonel Boumedine, Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Medeghri, Cherif Belkacem, Kad Ahmed et Sad Abid. Je me rappelle comme si ctait hier de la crainte affiche par Boumedine, il avait une peur bleue que Ben Bella sen prenne lui.
En procdant lui couper ses ailes, avec le limogeage de Ahmed Medeghri, de Kad Ahmed, puis arriva le tour de Bouteflika, Boumedine, qui tait ministre de la Dfense, se voyait le prochain sur la liste, tmoigne Zbiri, qui se souvient dune phrase que rptait Boumedine : ''Il viendra un temps o celui qui lvera le petit doigt risquera de le perdre'', a voulait dire quon naura plus le droit de donner un avis au risque dtre emprisonn, exil ou mme excut.
Tahar Zbiri, qui fut lexcutant de la mission du coup dEtat contre celui qui le dsigna comme chef dtat-major de larme en 1963, tmoigne quil avait t convaincu de la justesse de cette option par Boumedine. Ben Bella mavait dsign chef dtat-major pour sassurer mon soutien. Mais il a dvi et a fini par avoir trop de pouvoirs. Il tait versatile et pouvait changer davis dun moment lautre. Boumedine nous a transmis sa peur, le pouvoir exceptionnel que se donnait Ben Bella risquait de tout emporter
Il prenait des dcisions improvises et incongrues, il fallait agir, nous confie Zbiri qui, mme lors de sa dsignation comme chef dtat-major linsu de Boumedine, ne voulait pas avoir ce dernier comme adversaire. On tait de la mme rgion, on se connaissait bien, on tait tous deux des enfants du peuple, note Zbiri, en se rappelant ce que Boumedine lui avait dit ironiquement le jour de sa dsignation par Ben Bella comme chef dtat-major : Tu peux mme prendre mon poste de ministre, si Tahar. Moi je sentais que ctait un pige et jai dit que je nen voulais pas, se rappelle-t-il.
Notre interlocuteur prcise que mme si le limogeage de Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires trangres, a t un des facteurs dclencheurs de laction contre Ben Bella, les raisons du coup dEtat sont un ensemble de facteurs. Le pouvoir grandissant de Ben Bella est la principale raison. Boumedine se sentait de plus en plus cart. Le limogeage des ministres qui taient sous son aile, laccord sign par Ben Bella avec At Ahmed sans len avoir inform montraient que Ben Bella prparait un coup contre Boumedine, note Tahar Zbiri, en prcisant que mme si lon a toujours dit que les principaux instigateurs du coup dEtat taient Boumedine et Bouteflika, la dcision a t prise de manire collgiale. Une seule personne ne pouvait rien faire.
Pourquoi tous ces casques et ces masques ?
Connaissant mon caractre de fonceur, Boumedine me charge de mener la mission. Il fait appel au responsable des units de la scurit, Ahmed Draa, pour maccompagner. Jemmne aussi avec moi, en ce fameux 19 juin, Sad Abid et une quinzaine de soldats, des chefs de bataillon de lEcole de Cherchell.
Et je dbarque la Villa Joly dans la nuit. Notre interlocuteur reprend son souffle, son regard se promne dans la pice comme pour chercher dans ses souvenirs le droulement de la scne. La scurit au niveau de la porte dentre de la villa tait sous la responsabilit de Draa. Tout a t fait pour mettre en place des hommes srs lheure du changement de brigade, vers 21h. Je connaissais bien les lieux. Nous montons ltage o se trouve Ben Bella. Je tape la porte. Il me dit : ''Qui est-ce ?'', je lui dis : ''Cest Tahar Zbiri. Si Ahmed, tu nes plus prsident de la Rpublique''.
Notre hte reprend encore une fois son souffle puis enchane : Ben Bella entrouvre la porte, il est impassible. En regardant les soldats qui taient avec moi, il me dit : ''Pourquoi tous ces casques et ces masques, tu aurais pu venir seul avec Sad Abid et je vous aurais suivi o vous voulez''. Jai dit : ''Si Ahmed ils sont l pour notre protection tous''.
Il me dit alors : ''Laisse-moi me changer'', je dis : ''bien sr, change-toi et viens avec nous fi amen Allah'' (en toute scurit) J ai dit cela sans savoir quel sort lui rservait Boumedine. Tahar Zbiri et ses accompagnateurs descendent avec le prsident Ben Bella, linstallent sur une chaise dans le hall dentre. Les soldats qui attendaient en bas n'en croient pas leurs yeux. Ils ntaient pas au courant de lobjet de la mission. En fait, quand ils ont vu Ben Bella de si prs, ils se disaient entre eux ''cest Si Ahmed Ben Bella''...
Je minterpose et leur ordonne de sloigner en leur disant : ''Cest un militaire, je vous fais savoir, sil prend la mitraillette de lun dentre vous, il nous massacrera tous'', tmoigne notre interlocuteur avec le sourire. Celui qui deviendra sous Boumedine patron de la police, Ahmed Draa, fait emmener le Prsident dans un lieu de dtention situ Hydra. Pendant ce temps, Boumedine, comme le dit lexpression populaire, tenait son ventre, ne sachant pas si a allait marcher. Je fais vite de lappeler pour lui dire : la mission est termine. Jordonne de placer quelques chars un peu partout dans la capitale.
On craignait un soulvement, vu la popularit de Ben Bella. Mais il ny a pas eu de gros incidents, si le peuple avait ragi, aucun de nous ne serait rest vivant. La lune de miel de Tahar Zbiri avec Boumedine n'est pas longue. Le chef dtat-major reproche au nouveau Prsident quest devenu Boumedine aprs le putsch contre Ben Bella dcarter les militaires issus de lALN et de trop se rapprocher des officiers de larme franaise qui ont rejoint dans le tard la Rvolution.
Boumedine tait sous linfluence des officiers de larme franaise
Je ne faisais pas confiance ces officiers, je me mfiais deux. Lintention de Boumedine tait de compter sur eux pour professionnaliser larme, mais javais une trop grande mfiance deux, je sentais comme si la France dirigeait lAlgrie travers eux, se rappelle notre interlocuteur, en citant les noms des officiers qui avaient lcoute de Boumedine : Chabou, Hoffman, Zerguini, Boutella, Abdelmoumene...
LANP a t constitue en 1962 de trois catgories de soldats et de militaires : ceux issus de larme des frontires sous la direction de Boumedine ; ceux issus des maquis de lALN, qui ont combattu sur le terrain lennemi colonial ; ceux issus de larme franaise. Une lutte interne se fit jour au sein du corps militaire. Les militaires de lALN se sentaient de plus en plus carts par les deux autres catgories. Je mentendais bien avec Boumedine, mais je nai pas apprci quil prfre tendre loreille des capitaines de larme franaise plutt quau colonel de lALN que jtais Il tait trop influenc par eux, souligne son chef dtat-major de lpoque.
Tahar Zbiri ne tarde pas tenter un coup dEtat contre Boumedine. En 1967, il entreprit de marcher avec les chars sur Alger pour dposer le nouveau roi. La tentative fut vaine et vite djoue. Jai pris de gros risques pour dposer Ben Bella et malgr cela Boumedine a continu carter les colonels de lALN et tre sous linfluence de Chabou, Hoffman et autres. En constituant son gouvernement, il na pas voulu prendre en considration des noms que je lui avais proposs, indique Zbiri pour justifier sa tentative de putsch avorte. Tahar Zbiri prend la route de lexil, dabord en Tunisie, quil quitte vite de peur de figurer comme monnaie dchange dans un deal entre Boumedine et Bourguiba.
Il dcide, avec son compagnon Mohamed Chebila, de se rendre en Suisse, quil sera aussi pri de quitter par la police fdrale pour se retrouver Rome. Lors de mon sjour en Suisse, javais rencontr tous les opposants algriens, notamment Hocine At Ahmed et Krim Belkacem. Les deux mont aid. At Ahmed avait demand une amie journaliste britannique de mhberger et de maider. Javais entrepris, avec elle, dcrire des lettres tous les chefs dEtat et chefs dtat-major, leur demandant dintervenir pour librer mes compagnons arrts en Algrie et que la mort guettait.
Une cinquantaine dannes aprs, Tahar Zbiri nprouve pas de regret d'avoir pris part au putsch de 1965 car Ben Bella a t victime de son zamisme. Notre interlocuteur se dit toutefois peu confiant pour lavenir du pays et souhaite quaprs Bouteflika, un vrai nationaliste sera choisi pour prendre les rnes du pays et lui viter le pire.

Nadjia Bouaricha




 

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