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La quadrature du cercle mozabite

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Face face entre un Mozabite et un Arabe sur la situation Ghardaa Emir Abdelkader 0 2014-07-06 11:53 PM
Attention au brasier mozabite Emir Abdelkader 0 2014-07-06 11:41 AM
trois ans de prison requis contre un Mozabite... Emir Abdelkader 0 2014-06-03 11:05 PM
LAlgrie dans le cercle de feu Emir Abdelkader 0 2014-05-19 02:37 PM
la quadrature du cercle de Zeroual et Hamrouche Emir Abdelkader 0 2014-03-24 06:40 PM

 
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2015-07-08
 
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  Emir Abdelkader    
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La quadrature du cercle mozabite

La quadrature du cercle mozabite



Le drame rmanent du Mzab, avec son lot rgulier de morts et de blesss, rappelle quel point le conflit qui sy droule, avec ses accs cycliques de fivre mortifre, relve de la quadrature du cercle. On sait que la quadrature du cercle est un problme classique de gomtrie dans lespace. Il fait partie des trois grands problmes de lAntiquit, avec la trisection de langle et la duplication du cube. La crise du Mzab, cest finalement ces trois problmes la fois. Elle rvle lincapacit des structures de reprsentation et de mdiation traditionnelles trouver une solution durable. Elle traduit surtout limpuissance de lEtat y contribuer efficacement. Depuis 1990, lEtat, parfois indolent face au problme, aura fini quand mme par tout essayer. Dialogue avec les acteurs et les notables, intermdiation, projets conomiques et sociaux et, de manire plus forte, traitement scuritaire de la crise. Il sest mme rsolu ces trois dernires annes privilgier la solution policire en installant dans les sept cits du Mzab un dispositif policier permanent. Mais rien ny fit, la violence redoublant de frocit, mue par des mcanismes divers. Le constat est bien l : la crise est une des expressions de la crise de lEtat national qui, loin de valoriser la spcificit des rgions, a ignor les formes dauto-organisation ancestrales. Il aura beau dployer ses forces de lordre, la crise perdure et repart de plus belle ! Cest que ses racines sont profondes. En effet, depuis les annes 1970, on enregistre dans le Mzab des clashes violents entre les deux grandes communauts de la rgion. Les violences y sont donc intermittentes mais assez rgulires dans le temps. Cette crise endmique nest pas rductible un ou deux facteurs essentiels, du moins aux plus apparents. Il ne sagit donc pas dun conflit ibadites/malkites exclusif. Ni dun conflit Mozabites/Chaamba. Le problme est dordre social, conomique et politique, avec une dimension psychologique nourrie par les profonds ressentiments des acteurs. Et, dans tous les cas de figure, apparat vidente la faiblesse de lEtat confront, au mme titre que la population, aux manipulations dacteurs varis, lintrieur et lextrieur dappareils dEtat. Et cette conclusion qui simpose : la difficult rcurrente des institutions nationales se prsenter comme lincarnation dun bien commun, au-dessus des parties en prsence, est de plus en plus manifeste. Sy ajoute une autre difficult, celle de prendre en compte la particularit des territoires du Sud, encore moins la spcificit du Mzab. Sinon, comment expliquer que les institutions locales se soient maintenues plus quau Nord durant la priode coloniale ? Les Khizanate, les bibliothques prives, ont accompagn le mouvement de perptuation. Avec, comme soubassement, le droit et les institutions coutumiers, telles les assembles de notables et de sages qui consolident le systme normatif ncessaire toute socit stable. Au Mzab, linstar du reste du pays, il existe une forte demande de droits et de justice. Elle rencontre laspiration une meilleure reprsentation politique, un amnagement du territoire harmonieux qui tienne compte des spcificits de la rgion. Car on ne saurait concevoir un pouvoir politique lgitime et efficient qui ignorerait les modes de fonctionnement et de gestion internes dun groupe social, sauf penser une ralit absurde. Mais il est tout de mme paradoxal de relever alors un plus grand intrt de lEtat colonial par rapport celui de lAlgrie indpendante pour les institutions locales. Intrt traduit par une connaissance aigue des modes de fonctionnement. Ce que lEtat algrien en construction a peu ou prou su faire. Au Mzab, la disparition des terroirs, des savoir-faire, des objets de mmoire et leffacement de certaines formes dorganisation sociale, comme Tachirt et Thadjmat, ont compliqu la recherche dune solution viable au conflit. Tous ces lments, qui ont presque disparu, enracinaient les individus dans le temps et lespace et nourrissaient leur histoire. Ils ont aussi contribu la rsistance contre la colonisation. La nature ayant horreur du vide, cet espace daffiliation, devenu vide, est prsent nourri par des lments sociaux pars et des pratiques religieuses autres que libadisme et le malkisme, empruntes aux autres socits musulmanes rigoristes. Il nest donc pas anodin que de hauts lieux de la mmoire tels lAtelier du Mzab et le cimetire Ammi Sad aient t vandaliss. Les lments de transmission de la mmoire structurante ne sont plus l. Do cette grande attente de rponse labsence de rfrences et de rfrents, par le recours un Etat fort et juste. Les formes coutumires dorganisation tant ainsi en crise, se pose, non sans acuit, la question de la reprsentation politique de populations jeunes qui nest pas du ressort du seul Etat. Elle implique lintervention structure des partis politiques et de la socit civile dont la dfaillance est parfaitement vidente. LEtat nest par consquent pas le seul responsable. La responsabilit de tous les partis nen est que plus importante. Lirresponsabilit de lopposition rside aprs tout dans le fait de refuser de simpliquer dans la recherche de solutions dapaisement, au motif que le pourrissement dans le Mzab affaiblirait davantage le pouvoir. Le rle des politiques, dans un Etat national, est de grer les mouvements de population. On observe enfin que la redistribution sociale dans le Mzab, travers les attributions de terrains et de logements, a favoris la naissance de conflits qui prennent des formes brutales dans un contexte o ni les syndicats ni les partis ne jouent leur rle de reprsentation. Cest ce qui explique que la rfrence communautaire Chaamba/Mozabites, Malkites/ibadites devienne le seul mode de reprsentation politique de soi. Cest clair, en liminant les mdiateurs sociaux, les politiques ouvrent grand la porte aux conflits physiques interminables.


Chronique parue dans La Tribune, avec laimable autorisation de lauteur



Nourredine Khelassi
 

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09:22 PM

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