> >

[] [ ]

Analyse, La poudrire du MZab

(Tags)
 
Comment dsamorcer la poudrire sahlo-libyenne? Emir Abdelkader 0 2014-05-20 03:36 PM
Lanalyse des questions internationales de Bouteflikaest trs importante Emir Abdelkader 0 2014-05-04 10:58 PM
Le politologue Rachid Tlemani analyse... Emir Abdelkader 0 2014-02-28 07:19 PM
Message de Bouteflika : lanalyse du politologue Rachid Grim Emir Abdelkader 0 2014-02-19 12:14 PM
Terrorisme : la poudrire libyenne Emir Abdelkader 0 2013-03-12 08:26 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2015-07-20
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,937 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Manqool Analyse, La poudrire du MZab

Analyse, La poudrire du MZab






Les historiens idologues de la conqute franaise staient empresss, ds 1830, de justifier la colonisabilit de lAlgrie en usant de largutie selon laquelle le pays tait une terra nullus, une terre de transit nappartenant personne, emprunte, des sicles durant, par des peuples et des peuplades allant des Phniciens aux Ottomans en passant par les Carthaginois, les Byzantins, les Vandales et les Arabes.
Ce nest quaccessoirement quils avaient relev la prsence sur le territoire de tribus nomades qui occupaient leur temps se faire la guerre, en se disputant, dans des razzias meurtrires, les parcours qui jalonnaient la transhumance de leurs maigres troupeaux.
Si le combat de la Nation algrienne navait pas fait justice, en son temps, de cette grossire falsification de lHistoire, malheureusement, reprise leur compte par certains intellectuels algriens, anciens et nouveaux, les responsables des tragiques vnements provoqus, la semaine dernire, dans la valle du MZab, auraient, volontairement, fourni ces faussaires de quoi alimenter et corroborer, a posteriori, leurs thses mensongres.
A la rserve prs quon ne voit pas, en dehors de vieux dterminants qui seront analyss, ci-dessous, ce qui aurait, quant au fond, oppos les acteurs de ces affrontements gratuits.
On ne ferait pas linsulte aux Algriens de cette rgion de dire quils staient entretus, en ce mois sacr du Ramadhan, pour quelques lots de terrain, logements, commerces ou emplois, les facettes modernes de la rente qui assure, de nos jours, aux citoyens de ce pays, visibilit et positionnement influent au sein dune socit qui continue, au grand dam de ses lites, de rouler deux vitesses, en rangs disperss.
Il ne viendrait pas, non plus, lide de quiconque de douter du patriotisme de nos compatriotes de cette wilaya qui avait enfant chekh El-Bayoud et Moufdi Zakaria et de les accuser davoir t manipuls par des puissances trangres, en contrepartie dune poigne de dollars ou de vagues promesses de scession miroites par des troublions marginaux connus pour leurs attaches avec les ONG occidentales dobdience sioniste.
Si ce nest ni lun ni lautre, alors cest quoi ? A quoi rpond cette accumulation de rancunes et dacrimonies qui pourrait, terme, si lEtat laissait faire, se transformer en haine religieuse, selon les scnarios-catastrophe qui jetrent lUlster, la Bosnie et le Kosovo dans la guerre civile, la fin du 20e sicle ?
Il faut aller chercher dans les vieilles couches sdimentaires de lHistoire du Maghreb et aussi dans celles, plus contemporaines de lAlgrie moderne, pour trouver des dterminants srieux et peu sujets controverse qui expliqueraient ces ruptions de fivre qui nauraient pas resurgi de la nuit des temps si les autorits en charge de la gestion des affaires publiques avaient eu, lorsquil en tait encore temps, la connaissance et la prescience suffisantes pour en neutraliser ltincelle dclenchante.
Aucun analyste rigoureux ne se voilerait la face, par dmagogie, en ignorant les causes ethniques et religieuses qui ont jou et qui jouent, encore, dans les concurrences latentes et, maintenant, ouvertes opposant les Chambas et les Mozabites, les malkites et les ibadites, causes ethniques et religieuses auxquelles sajoutent de nouvelles sources de frictions, celles-l, toutes rcentes, lies la rpartition des effets du dveloppement, ft-il artificiel.
Dans sa dimension spirituelle et communautaire, le MZab est le produit dune Histoire de perscutions, certes lointaine mais porteuse de rminiscences non encore totalement soldes.
La majorit des habitants de cette partie du pays sont les descendants des rescaps du royaume rostmide fond en 776, Tihert, lancienne Tiaret par Abderrahmane Ibn Rostom, un imam brillant et juste. Ses successeurs furent pourchasss par le fatimide Obedallah, en raison de leur profession de foi ibadite, pourtant reconnue par lIslam en tant que rite, en principe, gal aux autres et cens tre exerc librement et part entire.
Ne pouvant plus demeurer Tihert, ils se rfugirent Sdrata do ils furent, nouveau, dlogs et contraints, sous la menace dune extermination, de sexiler au Sahara crant, sur le territoire de la Pentapole, un systme de gouvernement fond sur lautorit des sages rudits, un puritanisme religieux des plus orthodoxes et lautarcie de lconomie.
Ils sassurrent, dans ces conditions et malgr une nature trs hostile, une survie scurise qui leur permit de construire une socit pacifique, non proslytique, relativement galitaire, active et inventive.
Pareille bulle qui exclut, par dfinition, mariages exogames, mixit et intgration des trangers dans la communaut navait de chance de se reproduire, ad vitam aeternam, que si elle voluait entoure par un espace vide et inscrite dans lintemporalit.
Or, avec un voisinage subsaharien plus proche et une colonisation conqurante, les choses durent en aller autrement.
Nombreux furent les natifs du MZab qui migrrent, cette poque, dans les grandes villes algriennes o ils prosprrent dans le commerce sans, pour autant, se mler aux autochtones, cultivant un particularisme affich puisquils ne frquentaient que leurs propres coles et ne priaient que dans des lieux de culte spcifiques.
A lindpendance et alors que les diffrentes souches du peuple algrien brisrent le carcan de lisolement colonial et saffranchirent, en partie, des anciens modes de pense et dorganisation sociale battus en brche par lEtat rvolutionnaire de Novembre, le MZab contrairement la Kabylie et aux Aurs neut pas lheur de sextraire de la gangue de ses pesanteurs ataviques.
Par la force et la logique de ses choix centralisateurs, lEtat national nincluant dans ses projets de gouvernement ni fdralisme ni dconcentration, au sens large, avait, tt, fait dencourager, directement ou indirectement, par le canal de lconomie et de ladministration, le dveloppement des flux humains du Nord vers le Sud, dans le cadre dune unit nationale soucieuse dun unanimisme idologique symbolis par la pense et le parti uniques.
Ce processus qui fut mis en mouvement sous le mandat du Prsident Boumedine suscita maintes rserves et rticences et ne dboucha pas, comme escompt, sur un brassage intercommunautaire qui aurait contribu ouvrir la socit mozabite aux autres dautant que de vieux contentieux dormants lopposaient la tribu des Chambas de rite malkite et dorigine arabe et non znte, comme prtendu par certains anthropologues.
Les nouveaux migrants du Nord importrent, dans leur sillage, un mode de vie sociologiquement aux antipodes du puritanisme ambiant et en porte faux avec les coutumes dune socit trs jalouse dun cloisonnement suppos impermable la drogue, la prostitution et aux maux sociaux en gnral.
Ce risque de perte dautonomie fut reu, par elle, comme une menace de phagocytage attentatoire son architecture organisationnelle et, par-dessus tout, comme une tentative de remise en cause de son pouvoir conomique bouscul par lentre en lice de forces centrifuges souponnes de vouloir semparer des ressources nouvelles en voie dexploration et dexploitation.
Nous sommes, donc, en prsence dune dmultiplication denjeux qui sont en train, progressivement, de transformer le MZab, sinon en poudrire pouvant, dun moment lautre, mettre le feu au pays, du moins, un abcs fixateur de contradictions actives, superposes, les plus rcentes rveillant et exacerbant les plus anciennes.
Dans les annes 1970, lEtat national, solidement implant dans lensemble de ses territoires o il exerait une autorit sans partage, rsolvait ce type de contradictions, de faon imprative, et mme, parfois, brutale, par lintervention directe de ses reprsentants locaux oprant au sein du triumvirat administration-arme-parti.
Depuis linsurrection du FIS et leffondrement de lEtat, au cours des annes noires, les dirigeants en charge de la gestion du pays, pour la plupart francophones et peu forms lexgse des textes religieux, avaient fait appel aux zaouas ressuscites pour faire pice lintgrisme.
Et cest ainsi que la direction de lEtat, complexe et incomptente, dlgua ses pouvoirs dintercession civile des intermdiaires dsigns leffet de rgler, en ses lieu et place, les conflits idologiques et par extension, dailleurs, dautres litiges et contentieux allant des manifestations de chmeurs aux attaques ciblant les siges de ses dmembrements.
Le recul de lEtat moderne commena par l. Toutes les concessions ultrieures qui menrent le pays la situation, mi-figue, mi-raisin, qui est, aujourdhui, la sienne, y ont puis leur source.
Si lEtat avait conserv son emprise directe sur son objet, des vnements tels que ceux survenus Guerara et Bounoura nauraient, jamais, t concevables.
Imaginons que pour venir bout de crises analogues en Corse ou en Bretagne, le gouvernement franais se trouverait dans lobligation de passer outre les institutions et les mcanismes prvus, cet effet, par la Rpublique, et recourrait aux services de larchevch de la rgion ou ceux des associations des cornemusiers du coin.
En vrit, ce genre de conflit aurait marg lordre du virtuel si un gouvernement dmocratique reprsentatif de toutes les composantes de la socit fonctionnait selon les normes du droit en vigueur dans le monde moderne.
Sous un tel rgime, les conduites sociales et politiques rsulteraient dun dialogue responsable et civil dont la raison dtre serait de dgager les compromis dont le vivre-ensemble a besoin.
Un Etat dmocratique, prolongement de lEtat national, aurait uvr produire les quilibres ncessaires la viabilisation dune socit en butte ce genre de diffrends. Dans le cas qui nous occupe, il aurait dissuad toute vellit dintgrisme religieux et ethnique et protg non pas le particularisme auto-mutilant mais la spcifit culturelle enrichissante, le tout accompagn dune politique conomique inclusive et anti-monopolistique la conception et lexcution de laquelle auraient t associes toutes les parties prenantes, sauf celles qui nauraient pas renonc leurs vises occultes et leurs prtentions idologiques hgmoniques.
Ceci tant dit, rien ninterdit aux fils du MZab dinvestir, plus massivement, dans toutes les rgions du pays et de se fondre dans les populations daccueil, se qui attnuerait leur rigorisme ainsi que certains dentre eux lont fait et continuent de le faire, avec une certaine russite et une grande ouverture desprit, en Europe et en Amrique.
De toutes les faons, le jour viendra o tous les Algriens devront rnover leur conception de la vie en socit, en accord avec les synthses impactes par le progrs.
Cela concernera autant les Chambas que les Mozabites et, au-del, lensemble du kalidoscope algrien qui sera appel, une chance plus rapproche quon ny imagine, puiser la force de son identit autant dans les valeurs de ses terroirs que dans celles, hirarchiquement suprieures, de la Nation.
La responsabilit de cette volution qui frappe nos portes, avec insistance, incombe, au premier lieu, aux lites, la condition, toutefois quelles smancipent du rle quelles se sont attribu de donneuses de leons paternalistes, prisonnires, pour certaines dentre elles dune culture de reader-digest, version internet, recyclant de vieilles rfrences que tout le monde connat ainsi que des ides-gadgets qui, sitt formules, clatent au moindre coup de vent.
Le progrs comme le bonheur sont des ides relativement rcentes, ni linaires ni donnes une bonne fois pour toutes.
Les socits avances en connaissent un bout, en particulier, ces derniers temps, o malgr de fortes pousses scientifiques et technologiques, lheure est la stagnation et linquitude face de nouvelles peurs nourries par le chmage, la prcarit, le terrorisme, le recul des valeurs dmocratiques et aussi par les prochaines guerres de leau, du climat, de la dmographie qui dveloppent un potentiel de nuisance susceptible de rendre caduc, plutt quon ne le pense, leldorado promis une humanit avide de rves et de fantasmes.
En Algrie, visons ce qui est notre porte. Sortons notre peuple, tout au moins, une partie dentre ses maillons les plus faibles, des ornires de lignorance, de laffabulation et de la fatalit dune possible perspective de recolonisation agite par certains.
Si nous atteignons cet objectif, nous remporterions une victoire dcisive sur lintgrisme, lenfermement, le dsespoir, la neurasthnie politique et sociale, en un mot, sur le refus de la vie.
Alors, au travail : commenons par crever labcs du MZab avant quil ne prenne la forme dune poudrire contagieuse !




B.-E. M.
Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source



 

()


: 1 ( 0 1)
 

Analyse, La poudrire du MZab




03:25 AM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,