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De la langue nationale et des langues maternelles

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langue arabe = obscurantisme Emir Abdelkader 0 2015-06-18 07:02 PM
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Manqool De la langue nationale et des langues maternelles

De la langue nationale et des langues maternelles






Par Mourad Benachenhou



Crazatou tomobil wa ramsouh moroat moroat belkuillera Mme si elle est ignore, lhistoire linguistique de notre pays informe nos propres dbats actuels sur ce sujet, combien dlicat, si ce nest prilleux ouvrir ou, plus encore, y contribuer.


LE DEBAT LINGUISTIQUE ENCORE OUVERT PLUS DE CINQUANTE ANNEES APRES LINDEPENDANCE!
On ne peut sy attaquer quavec beaucoup dapprhension, car il se transforme rapidement en changes darguments plus passionnels que factuels, cest dire faisant rfrence des faits et des donnes tirs de lhistoire de notre pays, quil est pourtant indispensable de rappeler, mme si cest sous forme de questions, en esprant que des chercheurs, quils soient seulement pousss par leur soif de connatre, ou quils aient un agenda politique ou culturel cach, en donnent des rponses informes. Il faut reconnatre que sil y a un domaine o la confusion, dlibrment entretenue par les uns et les autres, rgne depuis lIndpendance, cest bien celui de la politique linguistique et de ses tenants et aboutissants, comme de ses ressorts et motivations caches ou obscurs.


LE DEBAT SUR LA LANGUE NE PEUT SE REDUIRE A DES ARGUMENTS DE PRAGMATISME


Tous les argumentaires utiliss font croire quil sagirait essentiellement de savoir si lAlgrie choisirait le modernisme, cest--dire la langue de lancien colonisateur, ou se rtrograderait en choisissant de se recroqueviller sur elle-mme, en tentant den revenir ses racines linguistiques, culturelles et religieuses hrites des temps passs, et en embrassant larabe comme langue unique couvrant tous les aspects de la vie en commun. 

Mais, quon le veuille ou non, une langue, quelle que soit son utilit pratique, ne peut se limiter tre seulement perue et analyse sous cet angle. Elle est une des dimensions de lindividualit dans la collectivit. Si ce ntait pas le cas, quest ce qui empcherait le monde entier dadopter langlais comme unique langue, car cest en elle que sexprime au plus degr la constante recherche de la nouveaut technologique? Pourquoi apprendre sa langue nationale si, finalement, on a seulement besoin de langlais pour vivre moderne? 

On ne trouverait pas beaucoup de monde, mme parmi les locuteurs de langues peu rpandues, comme le norvgien, larmnien, le gorgien, le finnois, le danois, le basque, qui seraient disposs tout faire pour que leur langue disparaisse au profit exclusif de langlais. 

Sans tre un grand spcialiste des mouvements de foule, il serait fort parier que tout politicien locuteur dune de ces langues, dfendant la disparition totale de sa langue au profit de langlais, ne serait pas reu avec des fleurs, au contraire! 

Pourquoi, donc, quand il sagit de la politique linguistique dans notre pays, porte-t-on exclusivement le dbat sur ses aspects pratiques, en omettant le fait que la langue est lexpression du gnie dun peuple, et de son me, et quelle ne peut tre perdue quau dtriment de lexistence mme de ce peuple? 

Dpasser les drames de son histoire nest pas tche facile; et la forme de colonisation que le peuple algrien a subie constitue un drame quon na malheureusement pas encore dpass. Mais omettre de mentionner ce drame en la langue que lon matrise le mieux nest pas la solution.


LA LANGUE FRANÇAISE, UN BUTIN EMPOISONNE
Car le systme colonial nous a laiss une langue qui est un butin, certes, mais un butin empoisonn que nos politiques nont pas t capables de grer, contrairement dautres ex-pays coloniss, comme lEthiopie, le Vietnam, lIndonsie, les deux Core qui, une fois leur indpendance reconquise, ont dlibrment, en acceptant les consquences ngatives de leurs dcisions, supprim la langue du colonisateur, si pratique quelle ft, si porteuse de science et douverture sur la modernit quelle ait apparu, et ont reconstruit leur identit linguistique partir littralement de zro, car leurs langues nont pas la profondeur linguistique et civilisationnelle de larabe, une des langues universelles, faut-il le rappeler ici?
LHISTOIRE LINGUISTIQUE DE LALGERIE EN QUELQUES QUESTIONS


Il faut, cependant, reconnatre quun retour rapide sur lhistoire linguistique de notre pays aboutit la conclusion que les peuples amazigh nont pas fait preuve de beaucoup denthousiasme forger une langue commune crite, ayant son alphabet particulier accept par tous ses locuteurs, et une production littraire abondante et diversifie ainsi quun effort de collecte lexicographique puissant trouvant son expression dans une multitude de dictionnaires. Cest lun des grands mystres de notre histoire passe que tous nos leaders nont jamais cru utile de formaliser et dunifier lamazigh, bien que ses locuteurs aient eu, pendant des millnaires un monopole linguistique exclusif de lAtlantique loasis de Siwa, la frontire entre la Libye antique et lEgypte pharaonique. Mme ladoption des caractres tifinagh, sans doute compter du 5me sicle avant lre commune, inspirs de lcriture phnicienne, na pas donn lieu closion dune langue crite dveloppe. Leur utilisation a t quasi exclusivement rserve, dans lantiquit, aux monuments funraires et exclusivement dans lest du Maghreb. Leur maintien, dabord tudi par le gnral Adolphe Hanoteau,(1814-1897) auteur de l Essai de grammaire de la langue tamachek(1860), a survcu dans le sud du pays. Leur popularisation moderne vient plus du dictionnaire Tamachek-Franais (1951-1952, Imprimerie nationale, Paris) du Pre Eugne de Foucauld (1858-1916), que dun effort indigne, alors que les Amazigh du nord de lAfrique avaient adopt les caractres arabes, quils fussent de lAtlas marocain, du Djudjura ou du sud de lAlgrie. Ce sont l des faits historiques incontestables, qui ne peuvent ni tre rcuss ni changs et qui psent dans le dbat actuel, bien quils donnent lieu de multiples falsifications.
VOICI LES QUESTIONS QUI POURRAIENT OUVRIR A DEBAT ILLUMINANT LACTUELLE DISCUSSION SUR LE SUJET


Pourquoi Massinissa, lorsquil russit, avec laide de Rome, battre Syphax, son adversaire du royaume occidental des Massaesyles, et unifier politiquement la Numidie, en y ajoutant une partie de la Libye moderne, a-t-il choisi dencourager lusage de la langue grecque dans son royaume au lieu de pousser la cration dune langue amazighe crite et unifie? Pourquoi Apule, qui parlait et crivait couramment le latin et le grec, mais matrisait galement lamazigh, sa langue maternelle, a-t-il tenu crire son roman LAne dOr, en latin? Pourquoi Juba II, client de Rome et roi de la Maurtanie csarienne, a-t-il rdig ses ouvrages de philosophie et dhistoire en grec, plutt quen amazigh? Pourquoi la foule dapologistes du christianisme, qui ont fleuri dans notre pays entre le 3me et 4me sicle de lre commune ont-ils tous choisi le latin pour marquer le choix de la nouvelle religion en opposition la domination romaine? Pourquoi Augustin, saint selon les critres de la religion chrtienne, a-t-il tenu mettre sur tablettes de cire son interprtation du christianisme en latin, alors que deux autres langues taient largement rpandues dans lest de ce qui est actuellement lAlgrie, le punique et lamazigh? Pourquoi finalement les royaumes berbres qui se sont succds au Maghreb partir du second Idrissite,- dont la langue maternelle tait le dialecte amazigh de la montagne de Zerhoun- jusqu la cration de la rgence dAlger, ont-ils lu dimposer la langue arabe des populations dont le berbre tait autrement plus pur que les dialectes berbres encore vivants dans nos quatre pays maghrbins?


LARABE DIFFUSE ET IMPOSE PAR DES ROYAUMES BERBERES


Certes, il existe des manuscrits en langue berbre, crit en caractres arabes, et non en tifinagh, qui datent de cette priode stendant du 7me au 16me sicle, sans compter les kanouns des villages du Djudjura. Mais il ne semble pas quil y ait jamais eu ni tentative de la part des pouvoirs politiques, et jusqu linvasion de lAlgrie en 1830, de mener une politique systmatique de suppression ou de rpression de lamazigh et dimposition par la force de la langue arabe. Celle-ci, dabord apprise travers la mmorisation du Saint Coran, a donn peu peu larabe dialectal maghrebin, dont les diffrents dialectes algriens constituent des branches. Nulle tentative na t faite au cours de ces quelque 1300 annes depuis larrive de lIslam au Maghreb, ni dliminer lamazigh, ni de formaliser les diffrents dialectes entre lesquels il se divise, selon les orientalistes, dont Ren Basset, qui a pass sa vie les tudier- et dont les travaux continuent, mme si certains omettent de les citer, servir de rfrence tant ils sont exhaustifs dans leur tentative de saisir toute la diversit des dialectes amazigh- en une langue crite unique.
LARABE DIALECTAL NA PAS DEXISTENCE LINGUISTIQUE ECRITE VIGOUREUSE ET PROFONDE
De plus, mme larabe dialectal na jamais t construit en une langue crite, quoi quelle ait donn lieu une riche littrature orale. Elle na eu ni son Sibawayh (757-796), ni son Khalil ibn Ahmad al Faraidi (718-791), auteur du premier dictionnaire de la langue arabe, ni son Ibn Mandhour (1233-1312), le clbre lexicographe auteur du monumental Lissan al Arab, qui ferait plir de jalousie tous les Littr du monde tellement il est complet, ni son Abou Kacem el Hariri (1054-1122),auteur des fameuses Maqamat, qui nont perdu ni de leur jeunesse, ni de leur actualit sociale ou linguistique, ni son Maoudi, (mort vers 956) clbre auteur des Prairies dOr qui continue tre une rfrence pour lhistoire du peuple russe et des peuples du Caucase, ni son Abderrahmane Ibn Khaldoun, ni des milliers dautres auteurs arabes, ni videmment son Al Biruni (973-1048), qui estimait que seule la langue arabe tait capable dexprimer clairement les ides scientifiques, et qui, de langue maternelle turque, matrisant parfaitement le persan, a choisi dcrire ses ouvrages les plus importants Les calendriers des sicles antiques, et de lInde, en langue arabe. On ne cite pas dlibrment les milliers dauteurs arabes contemporains qui ont renouvel, enrichi et maintenu jusqu prsent, en dpit de tous les problmes que connurent et connaissent leurs pays de naissance, la richesse de la langue arabe, et dont mme lexistence est volontairement ignore dune grande partie de llite culturelle de ce pays, bien quils contribuent lenrichissement du patrimoine mondial et quils soient traduits en de multiples langues modernes. 

Une langue crite ne se cre par en quelques jours, ou en quelques mois, ou mme en quelques annes. Cest un long et pnible processus qui prend des gnrations entires de gnies et dhommes de lettres talentueux. On ne cre pas une langue crite par dcret ou mme par clause constitutionnelle. 

Et ce nest pas parce quon officialise un groupe de dialectes sans profondeur linguistique du fait du choix de leurs propres locuteurs depuis des millnaires, que brusquement on va les faire accder un statut de langues de civilisations. Quon le veuille ou non, larabe classique a, sur les diffrents dialectes quelque 1300 annes davance.
ON PEUT IGNORER LA LANGUE ARABE, MAIS ON NE PEUT PAS NIER SA RICHESSE NI SON IMPOSANTE VALEUR CIVILISATIONNELLE


Ni mme quelle fait partie intgrante du patrimoine culturel historique algrien, librement embrass par les Algriens travers les sicles, contrairement la langue franaise qui, quels que soient les avantages que donne sa matrise, a t violemment force dans les esprits de notre peuple. 

Lignorance de la langue arabe, de la civilisation quelle continue porter, imbue ou non de religion- et il est remarquer quelle est galement la langue des chrtiens du Moyen-Orient depuis toujours, et dont certains, aux noms connus, nont pas peu contribu sa renaissance moderne- nest videmment pas une vertu dont les dtenteurs pourraient se vanter. 

Etre monolingue francophone par choix est un handicap dans un pays de civilisation arabo-musulmane. Les titres universitaires que lon peut avoir acquis, les responsabilits politiques dont on peut se prvaloir, neffacent pas les lacunes quon peut avoir dans sa culture, du fait quon a dlibrment choisi dignorer ou de mpriser, sous couvert de refus de la religion dans la place publique, une composante intgrale de lhistoire culturelle du pays, et de son histoire tout court.
LA VIOLENCE CULTURELLE COLONIALE A DEGRADE LE CAPITAL LINGUISTIQUE NATIONAL


LAlgrie a eu le grand malheur davoir t colonise par un pays qui a construit son unit politique nationale sur la suppression systmatique et parfois violente de toutes les langues dont la seule existence portait prjudice au pouvoir central, et limposition de la langue de la Cour, ne dans la rgion de Paris, toutes les populations. Le peuple algrien et ses langues et dialectes, arabe dialectal comme amazigh, ont t les victimes dune politique de nivellement linguistique au profit de la langue franaise, politique qui sest poursuivie, paradoxalement, grande allure, une fois lindpendance acquise. Cette situation a cr un malaise linguistique, et a donn lieu la cration dun sabir, qui na rien dune langue, mais qui traduit une gale absence de matrise des langues en mixture dont il prend ses lments lexicaux. 

A cette dgradation de la situation linguistique dans le pays, sajoute une ignorance, chez une bonne partie de llite du pays, non seulement de lhistoire des langues dans notre pays, rappele par quelques questions en chapeau de cette contribution, mais galement de lhistoire linguistique de la France qui, comme dautres nations modernes, a impos, travers un systme de scolarisation adopt compter du 19me sicle, une langue nationale, partir dun dialecte local dvelopp peu peu en langue crite et tendu par le pouvoir central tout le pays.


LE FRANÇAIS NEST PAS UNE LANGUE MATERNELLE ORIGINELLE, MEME EN FRANCE


Le franais nest pas la langue maternelle de tous les Franais. Cest la langue officielle impose, dabord de manire plus ou moins subtile, comme seule langue de pouvoir, dans laquelle devait sexprimer toute personne voulant jouer un rle politique et tre proche de la Cour royale. Puis, partir de la Rvolution, elle a t choisie comme langue unique de scolarisation, dont lobjectif, comme la crit le clbre ethnologue franais Claude Lvi-Strauss dans son ouvrage Tristes Tropiques, tait de donner larme franaise des conscrits pouvant comprendre les ordres de leurs suprieurs. Et, pourtant, il existait dans lHexagone lpoque, quelque dix langues maternelles, outre le franais : le breton, le basque, lalsacien, le flamand, le languedocien, le catalan, le corse, litalien niois, le savoyard, sans compter les multiples dialectes maternels, comme le marseillais, pour lequel il existe mme un dictionnaire! Le franais est devenu langue maternelle des Franais parce que la scolarisation sest faite dans cette langue, et rien de plus.
LA LANGUE NATIONALE ITALIENNE, UNE LANGUE DIFFUSEE PAR LA SCOLARISATION


Le mme phnomne de suppression des langues et dialectes locaux sest constat en Italie. Voici ce quen dit un expert franais, Christian Bec, professeur mrite luniversit de Paris IV Sorbonne, membre de lAccademia dei Lincei et de lAcadmie de Savoie (article La langue italienne, de lUnit nos jours site internet Clio) 

Avant lUnit, il nexiste en effet aucune langue commune aux pays italiens. Puis, vers 1910, malgr lintroduction officielle de la langue italienne dans toutes les rgions du pays, lon constate la persistance des dialectes dans les classes populaires, qui continuent mme penser en dialecte. Troisime tape, aprs la Seconde Guerre mondiale, vers 1945, lon observe la diffusion de la langue italienne parle dans toutes les rgions et les groupes sociaux du pays. Vers 1965, nous assistons lmergence dune langue italienne standard sans doute produite et impose par le nord et ses technocratesCette volution extraordinaire a permis la langue italienne, qui nexistait pas comme langue nationale, datteindre ce statut en moins dun sicle et de connatre ensuite les mmes prils que les anciennes langues et cultures europennes. 

Il se pose la question suivante et y donne une rponse claire et appuye par des statistiques: 1860 : quel est le nombre des italophones ? Selon les calculs dun spcialiste, W. De Mauro, les Italiens italophones sont, laurore de lUnit, au nombre denviron 600.000 : 400.000 Toscans, 70.000 Romains alphabtiss et 150.000 autres Italiens ayant frquent lcole moyenne, soit 2,60 % de la population.
TOUTES LES LANGUES NATIONALES, DES CHOIX POLITIQUES ET NON DES LANGUES MATERNELLES


Lhistoire des langues nationales, des diffrents pays europens pourrait permettre daboutir la mme conclusion: les langues parles actuellement dans tous ces pays ont t diffuses travers toutes leurs populations par le systme de scolarisation, qui a impos un dialecte crit au dtriment dautres tout aussi vivants. Il ny a pas un pays moderne dont la langue nationale na pas t dabord la langue de scolarisation impose des enfants dont la langue maternelle, si proche ft-elle de cette langue nationale, est tombe peu peu en dsutude dans la pratique linguistique courante au profit de cette langue denseignement.


LES ALGERIENS, DES APATRIDES LINGUISTIQUES


Cest lun des grands drames du systme de scolarisation algrien davoir cre des gnrations entires dapatrides linguistiques, qui ne sont pas tout fait laise dans cette langue apprise sur les bancs de lcole , des lyces, puis des universits, quest le franais, et dans la langue maternelle, plus proche de larabe que du franais, ( noter que lamazigh est, de lavis de tous le spcialistes, une langue smitique comme larabe, et donc nappartenant pas au groupe des langues aryennes, dont videmment le latin do le franais tire la grosse majorit de son lexique et de ses formes verbales).
EN CONCLUSION


Parler de langue maternelle ne veut rien dire dans ce contexte linguistique confus dans lequel se dbattent quotidiennement et pratiquement tous instants les Algriens. Va-t-on rapprendre aux Tlemcniens lauthentique et beau dialecte arabe de Tlemcen, tel que dcrit par un des anciens directeurs de la medersa de Tlemcen, William Marais (1872-1956)? Va-t-on utiliser son manuel du dialecte arabe de Takroura pour initier la lecture les enfants de la rgion de la Calle? Les locuteurs des Ouled Sid Echikh qui dominent la rgion sud-ouest du pays, vont-ils apprendre les pomes clbres de la rgion en guise de culture littraire exclusive ? Les Beni Snouss seront-ils alphabtiss avec le fameux recueil de contes berbres, crit en caractres arabes, et recueillis par Ren Basset (1855-1924)? Doit-on refuser de parler dIbn Khaldoun (1332-1406), de El Maqqari (1578-1832) sous prtexte quils ont crit en arabe classique? etc. etc. 

En ouvrant cette boite de Pandore linguistique, sous couvert de conformit aux tudes dexperts, et aux recommandations de lUNESCO, ne cre-t-on pas encore plus de confusion dans la situation dj quelque peu confuse que connat le pays, parmi dautres problmes tout aussi pressants? 

Y a-t-il finalement, chez certains technocrates, pousss aux premires loges du pouvoir politique, non seulement un manque de sens politique, qui les fait ouvrir des dbats dont ils ne matrisent pas toutes les donnes, mais galement une absence de culture gnrale, ou une culture gnrale limite certains domaines, qui les rend incapables de dpasser leur expertise, et de la placer dans le contexte socioculturel et linguistique quils sont pourtant chargs de transformer au mieux des intrts de ce peuple? 

Quant ceux qui tiennent tout prix transformer un dbat sur un problme aussi srieux que lavenir linguistique du peuple algrien, en un conflit entre islamo-conservateurs favorables larabisation, et partisans de la lacit et du modernisme purs et durs, qui veulent simplement supprimer 1300 annes dhistoire de ce peuple, on ne peut que mettre le blme du simplisme dont ils font preuve, sur le systme denseignement qui les a forms. Ils ne sont en quelque sorte pas responsables de ce quils disent. 

Ce dlicat dbat, maladroitement ouvert, confusment gr, est trop complexe pour tre soulev et pris en charge par une seule personne, si brillante soit-elle, sur la langue de scolarisation.


(in Le quotidien dOran)





 

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