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Darja ou pas, et d'abord quelle darja ?

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Quelle(s) tlvision(s) pour lAlgrie ? Emir Abdelkader 0 2014-10-02 12:47 PM
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2015-08-09
 
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  Emir Abdelkader    
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Darja ou pas, et d'abord quelle darja ?

Darja ou pas, et d'abord quelle darja ?






Faut-il ou non utiliser la darja, autrement dit l'arabe dialectal, ou mieux encore l'arabe algrien, l'cole ? Faut-il l'enseigner ou doit-on mme penser en faire la langue d'enseignement d'autres matires y compris l'arabe classique ou littraire ?
Depuis quelques jours, ces interrogations ont engendr un vif dbat national et diverses passions sur les rseaux sociaux. Il faut dire que la question n'est pas neutre car elle renvoie l'histoire de l'Algrie, sa qute identitaire tourmente ainsi qu' des considrations d'ordre politique qu'il ne faut pas luder.
Mais commenons par insister sur le point suivant. Ce n'est pas la langue qui fait la bonne qualit d'une pdagogie. Autrement dit, ce n'est pas en ayant recours la darja que des programmes archaques vont soudain se mtamorphoser et permettre au pays de repcher un systme ducatif en faillite. Cela fait des annes que le constat est connu.
L'Algrie a du mal moderniser son cole et cesser de produire des lgions de diplmes et de cursus qui ne servent rien et qui, au contraire, sont le gage d'une rgression permanente. Une rgression qui se traduit, entre autres, par la mise mal de la rationalit et par la diabolisation de l'esprit critique dans un contexte de bigoterie endmique. Alors oui, le secteur ducatif mrite un dbat et donc d'invitables polmiques, mais il y a certainement plus urgent que de s'charper propos du dialectal.
Ceci tant prcis, il est vident que l'Algrie est l'un des rares pays avoir un vrai problme avec une langue qui est pourtant parle par la majorit de sa population. La darja, comme d'ailleurs la langue berbre, a souffert de nombreux bannissements.
Il fut un temps, c'est moins le cas dsormais, o elle tait interdite d'antenne, la radio et surtout la tlvision. Interdite aussi d'emploi l'cole o des professeurs de langue arabe la pdagogie plus qu'approximative prenaient un malin plaisir humilier les lves qui l'employaient dans leurs rdactions. Avec le temps, une moindre crispation politique vis--vis des questions linguistiques et l'essor des nouveaux mdias ont chang la donne.
C'est le cas notamment avec Internet qui permet la diffusion de vidos en darja et qui a aussi favoris l'mergence de l'arabezi -ou arabizi-, c'est--dire la langue arabe, qu'elle soit dialectale ou classique, crite avec des caractres latins et des chiffres comme par exemple le terme 3arbiya.
La langue que nous parlons tous les jours est tout sauf menace. Elle n'a nul besoin d'Acadmie, elle n'appartient personne, elle a sa vigueur, elle capture et refaonne tout ce qui l'intresse puisque aucune rgle ne semble la contraindre.
Dans le fond, l'ide qu'elle fasse son entre l'cole en tant qu'outil ou vecteur pdagogique n'est pas idiote. Mais faut-il aussi l'enseigner ? Une premire rponse immdiate est de demander pourquoi faire puisqu'elle s'apprend partout, dans la rue comme dans les familles. La question qui suit est, quant elle, plus essentielle.
Enseigner la darja ? D'accord, mais laquelle ? Celle de la rue qui tend driver de ce no-algrois aux accents emphatiques et, trop souvent, d'une insupportable vulgarit ? Ou alors celle que l'on pourrait adapter de l'arabish, cette langue arabe globalise (celle des mdias satellitaires) que l'on appelle aussi arabe mdian ? Ou enfin cette vraie darja, du moins la plus ancienne, c'est--dire celle qui a port la culture populaire algrienne de la fin du dix-neuvime sicle aux premiers temps de l'indpendance ? La darja des contes, de la boqala, du chaabi, du hawzi ou mme du vieux ra ?
Si c'est de cette dernire qu'il s'agit, alors il faut admettre que l'on devra ressusciter une langue perdue, peu peu oublie. Avant d'mettre tel ou tel avis dfinitif, il faudrait ainsi faire preuve d'un peu de curiosit en lisant un vieux manuel d'arabe algrien -labor pendant la priode coloniale- ou en parcourant un dictionnaire d'arabe algrien rdig par quelques anciens fonctionnaires des bureaux arabes.
On s'apercevra alors que nombre de termes mentionns ne sont plus employs aujourd'hui ayant t notamment remplacs par des mots franais. On peut aussi prendre la peine de lire dans le texte les proverbes maghrbins recueillis par Mohamed Bencheneb (1869-1929). La darja qui y est employe n'est plus de mise aujourd'hui sauf dans certains cercles restreints de lettrs ou d'artistes.
Plus important encore, en redcouvrant cette darja, l'on se rendra compte, contrairement aux lucubrations que l'on peut lire et entendre actuellement, que cette dernire ne renie en rien son lien de parent avec la langue arabe classique.
L'auteur de ces lignes -qui espre que le distingu linguiste de Tns ne froncera pas les sourcils en lisant ce texte- peut en tmoigner. Les proverbes recueillis par Bencheneb sont compris de Casablanca Mascate en passant par Le Caire ou Amman.
Nul besoin de les traduire en langue littraire sauf quand ils contiennent un mot turc ou berbre. Voil qui risque de dplaire celles et ceux qui, l'image de l'administration coloniale jadis, pensent que la promotion de la darja permet de couper les ponts avec le reste du monde arabe. En ralit, c'est bien au rsultat inverse que l'on risque d'aboutir.
Par ailleurs, il serait peut-tre temps de cesser de s'en prendre systmatiquement l'arabe classique au nom de leur refus d'appartenir au monde arabe. Dans une affirmation outrancire d'une identit qu'elles dfinissent avant tout par ce qu'elles ne sont pas, ou ce qu'elles ne veulent pas tre, certaines lites francophones nous expliquent que cet arabe classique est une langue morte (ou bien alors qu'elle alimente le terrorisme…).
Outre le fait qu'elle nie l'existence de millions d'Algriens qui matrisent cette langue (et cela malgr les alas d'une arabisation catastrophique du systme ducatif), cette dclaration traduit un abyssal manque de culture.
Morte la langue de Fayrouz, de Mahmoud Darwich, de Taha Hussein ou de Nizar Qabbani ? Soyons srieux.… On a le droit de plaider pour une singularit maghrbine voire mditerranenne. On a mme le droit, dans ce qui serait une sorte de rattrapage postcolonial, de se dire plus proche du monde occidental que du reste du monde arabe. Mais ce n'est pas en s'en prenant la langue arabe classique que l'on trouvera la bonne justification pour cela.
En attendant, habbite nqoulelkoum belli ellougha hadja srieuse, machi tmasskhire. Lazem 3aliha tekhmima sans piti, dial les scientifiques ya chriki ! Rakoum dakkor yakhi ?


AL HUFFPOST

 

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