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Lempreinte de Zighoud Youcef

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Manqool Lempreinte de Zighoud Youcef

Lempreinte de Zighoud Youcef




La Zone 2, quon appellera Wilaya comme ses cinq homologues, aprs le Congrs de la Soummam du 20 aot 1956, est ne dans un maelström qui diffre de celui qui a accompagn la partance des autres zones.


Ce dpart sur le pied gauche expliquera en partie lvolution puis le cours de lhistoire de la Wilaya II. En partie seulement, car lautre est incontestablement due lexceptionnelle personnalit de Zighoud Youcef, qui lestampillera de son empreinte jusqu en incarner lme et le souffle.
Ceci ne sera pas particulier pour la Wilaya II puisque Ben Boulad laura t pour la Wilaya I, Amirouche pour la III, Si Mhamed pour la IV, Boussouf pour la V et Si El Haous pour la VI.
Ce qui est certain, on ne peut dissocier la conflagration du 20 aot 1955 de ce personnage, quun journaliste de lpoque a appel le chevalier du Constantinois.
Pour revenir au dmarrage de la WII, il faut sans doute tourner bride jusqu la veille du dclenchement de la guerre de Libration nationale. En effet, alors que lobjectif avait t verrouill, la stratgie dfinie, les rles distribus, brusquement intervient un changement de dernire minute qui a modifi le casting du commandement.
La responsabilit de la Zone 2 (Nord-Constantinois) avait t confie, initialement, Rabah Bitat, et celle la Zone 4 (Centre) Didouche Mourad. Pour des raisons non lucides clairement jusquici, les deux membres du groupe des cinq (puis des six avec lentre de Krim Belkacem) vont permuter leurs zones daffectation.
Ils avaient t dsigns pour la phase de mise en uvre de laction arme, par les 22 du Comit rvolutionnaire dunit et daction (CRUA), runis le 23 juin 1954 La Redoute (El Madania).
Aguerris par plusieurs annes de militantisme actif et rompus aux rigueurs et lintransigeance de la clandestinit, ces patriotes, tous deux issus de lOrganisation spciale (OS), pouvaient effectivement sintervertir si lon considre leur fonction dun point de vue doctrinal.
Mais sur le terrain, les choses allaient autrement. Didouche ne connaissait pas les militants de cette zone et rciproquement, en dehors des cadres bien entendu.
Dans des moments aussi cruciaux, le facteur confiance sindividualise. En dautres termes, le PPA-MTLD stait effrit et avec lui les liens organiques qui pouvaient suppler aux accordances personnelles. Tu comptes sur moi, je compte sur toi, tait et demeure lquation dusage au moment de lassaut. La loi du coude--coude.
Selon des sources srieuses, la solution aura t de procder un autre transfert, celui de Lakhdar Bentobbal, qui connaissait cette zone, dirions-nous, mieux que quiconque pour y avoir milit toute sa jeunesse durant.
De plus, lavantage que prsentait le jeune Milvien tait quil connaissait Didouche Mourad dont il apprciait tout particulirement lintelligence. Mostefa Ben Boulad, chef de la WI la demande du nouveau commandant du Nord-Constantinois, consentira, regret, se sparer de cet adjoint de valeur.
Il y a lieu de prciser que le premier adjoint de Didouche demeurait Badji Mokhtar et le second, forgeron de son tat, un certain Zighoud Youcef.
Peu aprs ce rhume dautomne, vint le problme pos par ceux que les historiens ont dsign par le groupe de Constantine. Certains militants avaient en effet contest, en octobre, le droulement de la runion du CRUA et exigeaient comme condition leur participation de nouvelles discussions avec dautres responsables.

Malgr cette crise rgionale et la raret des armes, une trentaine pour le Constantinois et une douzaine pour la Zone II, le dclenchement eut lieu avec six djounoud El Milia, 18 Mila et une vingtaine sous les ordres de Zighoud.
La stratgie labore par Didouche tait simple. Dclencher en mme temps que toutes les autres zones puis refluer et attendre la raction de loccupant. Profiter de laccalmie pour prparer le champ de bataille autrement dit les djebels et les zones rurales. Ce nest quaprs la runion prvue par les Six pour le dbut du mois de janvier 1955, quil envisagea de passer loffensive.
La mort prmature, les armes la main, de Badji Mokhtar, le 19 novembre 1954, non loin de Guelma, va permettre Zighoud de surgir sur le devant de la scne. Une place quil occupera de toute sa taille aprs la mort au combat, le 18 janvier 1955 Oued Boukerker, Cond-Smendou (Zighoud Youcef aujourdhui), du premier chef de la Wilaya II.
En quatre mois, cette zone a connu des rebondissements importants qui auraient pu lui tre fatals, mais qui, cependant, nont en rien altr le mental du groupuscule natal. La WII le doit ses cadres, dont la formation politique a servi de blindage.
La mort de ce grand chef a t un coup trs rude dautant que ctait pratiquement au lendemain du dclenchement, tmoignait pour El Watan, le dfunt colonel Salah Boubnider.

La perte tait immense. Il ne faut pas perdre de vue que ctait lune des plus grandes figures de notre histoire. Benaouda, Bentobbal et Zighoud se sont runis, et ont pris la dcision de dsigner Zighoud pour succder Didouche. Aucune opposition de notre part na t releve... Ils ont tabli un nouveau programme et nous avons poursuivi le combat.
Pour Lamine Khne, officier de la Wilaya II et ancien secrtaire dEtat du GPRA, le nouveau commandant de la WII est un personnage extraordinaire.
Un gnie politique et militaire. Jai eu loccasion danimer des confrences son sujet, jaimais dire mon auditoire que je commence toujours par la fin quand il sagit de ce hros de la guerre de Libration nationale. Je rappelle toujours que le monsieur dont je vais parler, qui est pour moi un gnie politique et militaire, est mort lge de 35 ans.
Cest sous son autorit que le conseil de la Wilaya prparera le 20 Aot 1955. Jacques Duchemin, journaliste au quotidien parisien LAurore, crivait son propos : Ce loup maigre et sec qutait Zighoud tait nanmoins fort comme un buf, moustachu, bourru, pre dune petite fille quil adorait, il avait dcid de faire la guerre aux Franais sans commettre pour autant des exactions. Il naimait pas tuer des civils ni achever des prisonniers.
De son ct, le Dr Mahfoud Bennoune, anthropologue, professeur, chercheur, militant et humaniste, lui aussi ancien officier de la Wilaya II qui est rest, aprs lindpendance, engag dans le combat pour la dmocratie, dcd en 2004, estimait quil tait un homme rflchi, intelligent, srieux, profondment engag pour la cause nationale, bien organis et surtout dune extrme modestie.
Ceux qui ont ctoy cet officier, quils dcrivent comme un djoundi intrpide, attestent que bien quhomme dautorit, il prenait en considration lopinion de ses collaborateurs et subordonns et quil ne se soustrayait aucune tche, pas mme les plus ingrates, comme par exemple, crit encore le dfunt professeur Bennoune, prendre son tour de garde, prfrant laurore, lheure la plus dangereuse en cas dattaque.
Cest Zamane, fin juin-dbut juillet, que Zighoud dcide de runir le conseil compos de tous les cadres que compte sa Wilaya.
Dans ses mmoires, Ali Kafi un de ses cadres, en fait le rcit dtaill et les premiers arguments avancs sont dordre militaire. La Zone 1 (Aurs-Nememchas), crit-il, subissait un sige qui ltranglait, lennemi ayant concentr sur elle toutes ses forces impressionnantes, jetant tout son poids pour tenter danantir la Rvolution dans ce solide bastion de la Rvolution et des rvolutionnaires.

Les moudjahidine taient confronts la fois la rigueur de la nature et aux assauts furieux de lennemi, renforc par les units de parachutistes et laviation parmi lesquels le 25e bataillon de parachutistes commands par le colonel Ducourneau.
Sur ces entrefaites, nous avons reu une lettre du commandement de la Zone 1 appelant Zighoud son secours pour briser le sige quelle subissait. Ces propos sont corrobors par le futur colonel Tahar Zbiri qui, dans ses mmoires, crit : Zighoud, commandant de la zone Nord-Constantinois, pensa des attaques massives sur les garnisons ennemies. Il lui aurait fallu plus dhommes et darmes pour entreprendre des oprations de grande envergure.
Il y a lieu de rappeler que la Zone 2 ne disposait, en tout et pour tout, que denviron 300 djounoud dots darmes de guerre, neuf mois aprs le dclenchement.
Le colonel Zbiri poursuit : Pour faire face au problme du manque dhommes et darmement dans la Zone 2, la Zone 1 y envoya des djounoud et des armes pour participer aux attaques du 20 Aot 1955. Salah Boubnider qui est devenu par la suite le chef de la Wilaya II, ajoute lauteur de Mmoires du dernier chef historique des Aurs, ma confirm quil avait lui-mme supervis le transfert des moudjahidine des Aurs vers le Nord-Constantinois afin de consolider les attaques dans cette rgion.
Lhorreur sensuivra.

Comme en mai 1945, Stif, Guelma, Kherrata et bien dautres villes et villages du pays, comme lt dernier Ghaza, en Palestine, ils ont appel a de la lgitime dfense. Soustelle dit que 123 personnes ont t tues par la populace pousse par le FLN, le 20 aot, dont 71 taient des Europens, tandis que 1273 rebelles avaient pri, les deux tiers durant lattaque elle-mme. Il admet cependant que nos reprsailles furent svres, crit Alistair Horne.
Tirant les conclusions de cette offensive gnralise qui navait pargn aucun lieu de la Zone 2, Zighoud dclarera que cette opration tire son importance de la participation populaire, des patriotes algriens, et non des bandits coupeurs de route qui sintgraient lALN et soutenaient le FLN, comme les prsentait la propagande franaise.
Lhistorien Mahfoud Kaddache crira : Les succs taient nombreux aussi bien sur le plan militaire que sur le plan politique. Les Aurs taient soulages par pratiquement un second front.
La Rvolution se manifestait dans des rgions considres pacifies. Des oprations taient lances dans les environs de Tlemcen, dans le dpartement dAlger et dans le Sud.
Des personnalits algriennes ne crurent plus possible une quelconque troisime force, des lus musulmans votrent la motion des 61 dnonant la rpression aveugle, jugeant la politique de lintgration dpasse et dclarant la majorit du peuple algrien acquise lide nationale. Un grand nombre dentre eux dmissionnrent, les objectifs du FLN apparaissant les seuls crdibles.
12 000 morts ! Un Algrien, plus un Algrien, plus un Algrien, plus un Algrien... et ceci 12 000 fois ! Quel est le nom de chacun, leur ge, leur mtier sils en avaient un ? On ne le saura jamais. Ce que nous savons, en revanche, cest quils avaient tous une cause la plus sacre dentre toutes et surtout une passion : ce pays.

kalafamazit@gmail.com

Sources
- Charles-Henri Favrod. La Rvolution algrienne (Plon. Paris 1959)
- Frantz Fanon. Les Damns de la terre (ANEP. Alger 2006)
- Mahfoud Kaddache. Et lAlgrie se libra 1954-1962 ( EDIF 2000. Alger 2003)
- Tahar Zbiri. Mmoires du dernier chef historique des Aurs (ANEP. Alger. 2010)
- Jacques Duchemin. Histoire du FLN (La Table ronde. Paris 1962)
- Alistair Horne. Histoire de la guerre dAlgrie (Albin Michel. Paris 1980)
- Interview de Lamine Khne (El Watan, numro spcial 1er novembre 2004)
- Interview de Salah Boubnider (El Watan n4124 du 17 juin 2004)
- Mahfoud Bennoune (El Watan des 23 au 26 aot 1998)



Dans les luttes armes, il y a ce quon pourrait appeler le point de non-retour. Cest presque toujours la rpression norme englobant tous les secteurs du peuple colonis qui le ralise.
Ce point fut atteint en Algrie en 1955 avec les 12 000 victimes de Philippeville et en 1956 avec linstallation par Lacoste des milices urbaines et rurales. Alors, il devint clair pour tout le monde et mme pour les colons que a ne pouvait plus recommencer comme avant.
(Frantz Fanon,
Les Damns de la Terre)


Boukhalfa Amazit






 

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