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ALGERIE. langues-alibis et hystries identitaires

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Algrie 5 juillet 1962 - Algrie 5 juillet 2015 ... Emir Abdelkader 0 2015-07-05 12:09 PM
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Manqool ALGERIE. langues-alibis et hystries identitaires

ALGERIE. langues-alibis et hystries identitaires

Par Yassin Temlali*





LAlgrie na pas succomb aux clins dil de lOrganisation internationale de la francophonie, mais le franais y est bel et bien une seconde langue officielle.
Sans avoir le moindre statut juridique, il est la langue dune partie non ngligeable de ladministration, de lenseignement, des mdias et du secteur conomique et financier. Les mdias gouvernementaux francophones sadressent un public autochtone, auquel ils supposent une comptence linguistique en langue franaise comparable celle des francophones natifs.
Le franais est enfin et ce nest pas peu la langue dans laquelle est rdige une partie des lois, ordonnances et autres dcrets avant dtre traduits vers larabe. Il nest pas exclu que la loi 91-05 du 16 janvier 1991 portant gnralisation de lutilisation de la langue arabe ait t crite initialement en langue trangre !
Larabe dit fusha, dans ses variantes classique et moderne, connat, quant lui, une diffusion sans commune mesure avec sa situation dans les annes 1960, lorsquil ntait connu que dune lite minuscule de lettrs.
Il est aujourdhui la langue exclusive de lenseignement gnral ainsi que dune grande partie des filires universitaires. La popularit des mdias arabophones, quils soient locaux ou trangers, tmoigne de sa bonne fortune. Cette popularit est la preuve quil nest pas la langue morte que certains ne cessent de moquer, quitte se faire, leur corps dfendant ou presque, les dfenseurs de la daridja, larabe dialectal.
Il est ncessaire douvrir ici une petite parenthse. Les discours sur la marginalisation de la daridja sont pour le moins excessifs. Bien quelle ne soit malheureusement considre comme une vritable langue que par les linguistes, pas mme par ses propres locuteurs, elle est employe (sous des formes rappelant lEducated Spooken Arabic des plateaux des tlvisions satellitaires) dans les missions radiotlvises, linternet, le thtre, le cinma, la chanson, les dessins de presse, la littrature crite, les dbats politiques, les audiences des tribunaux, les contacts avec ladministration...
Elle a mme bris le tabou de la graphie : elle est une langue crite dans la publicit, o lon pourrait facilement croire quelle est en voie de supplanter le fusha. La politique darabisation ambitionnait, dans les annes 1970 et 1980, de substituer le fusha au franais, mais on ne peut affirmer srieusement quelle visait le substituer la daridja. Le principal artisan de cette politique, le prsident Houari Boumedine, sexprimait, sans complexe aucun, en langue dialectale.

La panne de la traduction
Ce bilinguisme officieux arabo-franais(1) donne lieu des contacts culturels avec le Proche-Orient, qui continuent une tradition millnaire, ainsi qu des rapports culturels suivis avec la France. Il nen rsulte pas, cependant, en Algrie mme, de contacts rels entre les intelligentsias arabisante et francisante, enfermes chacune dans sa citadelle prtendument assige. Le caractre ngligeable de leurs contacts se voit demble leur monolinguisme.
Les rares intellectuels bilingues (universitaires, traducteurs, etc.) font figure de drisoires passerelles entre deux univers parallles. Peu dintellectuels francisants matrisent le fusha, absurdement qualifi de langue difficile. Peu de crateurs de culture arabe sont aussi francophones, alors que la grande diffusion du franais dans le pays rend relativement ais son apprentissage.
Les crateurs dexpression franaise ont plus de liens avec leurs pairs franais quavec les crateurs dexpression arabe, tandis que ces derniers sont souvent plus en relation avec les cercles culturels cairotes ou beyrouthins quavec leurs concitoyens francisants. Il est des domaines artistiques o larabe est pratiquement proscrit : la majorit des artistes-peintres sont de culture francophone et, aux Beaux-Arts, le franais est lunique langue denseignement et de travail.
LUnion des crivains est, elle, un club quasi-exclusivement arabisant depuis quelle a t refonde, en 1974, pour tre transforme en antenne du parti unique FLN.
Cette division linguistique de la vie culturelle prolonge le partage des diffrents domaines de la vie publique entre arabisants et francisants. Aux premiers, lducation nationale, une partie de ladministration et des mdias (notamment les mass-mdias), etc. Aux seconds, lenseignement scientifique, lconomie, les finances, en plus de quelques influents mdias (dont des mdias gouvernementaux)...
Lcole aurait pu tre le creuset dune gnration peu influence par les rancurs linguistiques des ans. Malheureusement, en matire de formation bilingue, elle connat moins de succs que lcole franco-musulmane de lpoque coloniale. Lenseignement des langues trangres ne laisse pas moins dsirer que celui de larabe.
Forms en arabe, les tudiants en sciences sont appels, ds leur accs luniversit, se refranciser dans les pires conditions pdagogiques.
En effet, dans lducation nationale, lenseignement des matires scientifiques, jadis plus ou moins bilingue (on se souvient des cours de terminologie), se fait exclusivement en arabe (ce qui nest pas le cas en Tunisie, rpute, pourtant, plus arabise).
Le cloisonnement entre les intelligentsias francisante et arabisante nest pas rompu par un vritable mouvement de traduction. Le vu form en 1968 par Mostefa Lacheraf dun double effort de traduction allant du franais larabe et vice-versa(2) est rest un vu pieux. La traduction littraire demeure une activit marginale.
Hormis les pionniers (Kateb Yacine, Mohamed Dib) dont les premires uvres ont t traduites linitiative dditeurs proche-orientaux, peu dauteurs dexpression franaise sont prsents au lectorat arabophone algrien. De mme, peu dcrivains dexpression arabe sont traduits vers le franais et, quand ils le sont, rien nindique quils peuvent conqurir un lectorat francophone dans leur propre pays autrement quen se reconvertissant linguistiquement, dans le sillage dAmine Zaoui.

Un mur de peurs
Le monolinguisme des lites algriennes est emblmatique de la hauteur du mur de peurs et dincomprhension qui les spare et qui, paradoxalement, ntait pas aussi infranchissable lpoque coloniale, quand mme les intellectuels oulmas pouvaient tre parfaitement bilingues (Lamine Lamoudi...) et diter des journaux en franais (La Dfense, Le Jeune musulman...).
Lintelligentsia francisante traditionnelle craint une arabisation religieuse qui enterrerait, sous les dcombres dune nouvelle conqute, le patrimoine culturel francophone, associ la dmocratie la plus parfaite et la modernit la plus pure. Une partie de cette intelligentsia a tendance confondre larabe fusha avec la langue des fulminations salafistes.
Pourtant, nul nignore que tout au long de sa longue histoire, larabe a t appropri aussi bien par des faqih rigoristes que par de courageux libres-penseurs, voire par des potes libertins limage dAbou Nouwas. Sil avait t un idiome sacr, aurait-il pu transmettre le patrimoine philosophique grec lEurope occidentale ?
A dfaut de pouvoir les nier, certains intellectuels francophones minimisent les liens entre lAlgrie et le Proche-Orient arabe, se faisant les chantres dune mditerranit vaporeuse les populations des Hauts-Plateaux, des oasis et du Grand-Sud se sentent-elles
mditerranennes ? Ils rejettent la culture arabe savante sous prtexte de dfense du patrimoine populaire.

Il semble pourtant tabli que les recherches sur ce patrimoine soient essentiellement le fait duniversitaires arabisants. Lexaltation de la mditerranit exprime la crainte de voir lAlgrie se dissoudre dans un grand ensemble arabe, le Proche-Orient tant peru comme un danger pour son authenticit arabo-berbre.
Or, si lEtat rechigne toujours donner aux langues berbres les moyens de se dvelopper, ce nest pas cause de pressions gyptiennes ou irakiennes, mais cause dune incurie bien locale.
En 1970, sous la frule du terrible bath, le kurde a t reconnu en tant que langue officielle des provinces irakiennes kurdes. Chez nous, il a fallu attendre 2002 pour que le tamazight soit timidement lev au statut du reste tout formel de langue nationale.
La dissolution de lAlgrie dans un ensemble arabe apparat comme une perspective purement fictive pour deux raisons.
La premire est que lunion panarabe na jamais t un souci sincre des dirigeants de la rgion arabe et, aujourdhui, elle nest mme plus la revendication de peuples crass, qui ont compris que larabisme tait une idologie de pouvoir lgitimant leur asservissement. La seconde raison est la force du nationalisme algrien, irrigu par une inpuisable pope anticoloniale.
Contrairement un mythe en vogue, notre pays na jamais t une sous-province gyptienne dirige par Gamal Abdelnasser depuis Le Caire, pas mme sous le rgne du trs arabiste Ahmed Ben Bella.
Et bien quentre 1967 et 1973, il se soit mobilis militairement aux cts de lEgypte et de la Syrie par devoir de solidarit anti-imprialiste, il est rest trs attach, dans ses rapports au Monde arabe, lindpendance de sa dcision.
Lintelligentsia arabisante traditionnelle, quant elle, fait de larabe un objet monolithique ignorant la variation, un objet idalement reprsent par lhritage de lpoque littraire classique.
Ce faisant, elle offre des armes prcieuses ses adversaires, dont le dogme pseudo-linguistique rduit justement larabe une langue de la posie, probablement belle et certainement inutile.
Elle nourrit une peur panique dune refrancisation rebours, qui anantirait les acquis de larabe en Algrie. La diffusion de cette langue en un demi-sicle dindpendance a pourtant atteint un niveau jamais gal dans lhistoire maghrbine, qui rend lide de son extinction proprement inconcevable.
Lintelligentsia arabisante traditionnelle prtend que la francophonie algrienne quelle peroit, sans nuance, comme un bloc unique est le cheval de Troie de la recolonisation. Mme un anticolonialiste comme Kateb Yacine, pour avoir qualifi le franais de butin de guerre, ne trouve pas grce ses yeux. Pour tre aim delle, les auteurs francophones doivent se transformer en Malek Haddad et rpter sans arrt que la langue franaise est leur exil.
Malek Haddad serait ainsi lunique patriote francophone et, pour les besoins de la cause, son silence littraire est mythifi lextrme. Un examen attentif de son parcours montre, pourtant, tant de similitudes avec celui de Kateb Yacine : ne proclamait-il pas lui aussi que le franais tait devenu, pour sa gnration, un instrument redoutable de libration(3) ? Un tel examen montre galement, toutefois, que contrairement Kateb Yacine, pass larabe dialectal pour se rapprocher de son peuple, Malek Haddad na jamais recherch, lui, atteindre ce lecteur idal (...) ce fellah aujourdhui occup dautres besognes(4) Certes, aprs lindpendance, il na plus publi de fictions en franais, mais cette langue est reste son unique langue de travail, aussi bien dans la page culturelle dAn Nasr, alors francophone, que dans la non moins francophone revue Promesses.

Des langues-identits
LAlgrie ne droge ainsi pas la rgle des rapports conflictuels entre les langues qui ont donn au vocabulaire de la sociolinguistique quelques termes franchement martiaux (guerre des langues, conflit linguistique...). Cest que, comme dans dautres pays en crise, les langues sont les vecteurs didentits juges inconciliables voire ennemies : identit ethnique (berbre), ethnico-religieuse (arabo-musulmane), sociale (le franais).
On est loin de lidentit comme construction permanente et encore plus loin de lidentit en tant que foyer virtuel auquel il nous est indispensable de nous rfrer pour expliquer un certain nombre de choses, mais sans quil ait jamais dexistence relle.(5)
Les identits revendiques dans et par les langues sont dautant plus figes quelles se sont construites contre des mouvements de minoration rels ou vellitaires. Minoration du berbre par larabe. Minoration manque du franais par larabe illustre, au dbut des annes 1990, par la tentative de lui substituer langlais dans le cycle primaire.
Enfin, minoration de larabe par le franais sous la colonisation et encore aujourdhui, quand on sait que certains textes du Journal officiel sont dabord rdigs en langue trangre. Il peut paratre tonnant de parler ici de minoration de larabe par le franais mais la minoration dune langue ne rsulte pas seulement dune attitude officielle. Elle peut rsulter de toutes sortes de ressorts conomiques, sociaux, dans lesquels il faut inclure le poids de lhistoire, ressorts qui la cantonnent dans une situation subalterne.(6)
La minoration insidieuse de larabe, langue officielle, par le franais continue de nourrir le ressentiment culturel de larges secteurs de la population. Elle nest pas compltement trangre la fortune relative que connat lislamisme, expression dvoye de frustrations conomiques, sociales et linguistiques. Fait significatif, elle se vrifie jusque dans les structures grammaticales de larabe employ par les mdias algriens. Leur fusha, en effet, nen est pas un ! Il est victime de ladoption, par le biais de la traduction, de structures syntaxiques franaises et du recours dbrid au calque smantique qui fait que les nologismes ne sont intelligibles quen rfrence aux termes originaux dont ils sont censs rendre la signification. Il est amusant de voir les journaux qui prtendent porter haut le flambeau de lauthenticit scrire dans un arabe in-authentique, fruit hybride de la traduction littrale de la langue du colonisateur.

La responsabilit des jeunes crateurs
Une politique linguistique srieuse doit viser une promotion de larabe moderne qui soit guide par la recherche de ses similitudes (lexicales, etc.) avec les parlers dialectaux, et ce, dans le souci de tenir compte, dans son enseignement, des acquis extrascolaires des lves.
Les contenus des cours de langue et de littrature arabes doivent tre prioritairement des contenus modernes et contemporains, au lieu dtre domins, comme cest actuellement le cas, par le corpus classique et pr-islamique. Larabe doit absolument cesser dtre peru comme la langue du Coran.
Sil est une des six langues de lONU, cest, en bonne partie, grce luvre modernisatrice de nombre dintellectuels de confession chrtienne. Une telle politique doit galement viser le sauvetage et la promotion des langues berbres, les seules langues vritablement opprimes dans notre pays.
Leur enseignement est aujourdhui artisanal, et le travail pour les codifier et les standardiser est men de faon laborieuse et anarchique. Sil nest pas encadr par des sociolinguistes comptents, il dbouchera sur un dsastre : la cration en laboratoire dun berbre standard dsincarn, dans lequel aucune communaut berbrophone ne se reconnatrait.
Le statut du franais doit tre courageusement clarifi. Il peut tre, par exemple, officiellement admis comme langue de lenseignement scientifique luniversit pour viter la cacophonie linguistique actuelle, prjudiciable la qualit de la formation. Il ne sera plus alors peru comme un instrument de dpersonnalisation post-coloniale, mais comme une langue trangre privilgie, utile voire indispensable.
Cependant, il ne peut y avoir de progrs vers la rsolution de nos problmes linguistiques sans volution sensible des intelligentsias francisante et arabisante.

Au sein de ces intelligentsias, de jeunes crateurs uvrent, sans prtention, dans le sens dun syncrtisme linguistique et culturel original. Larabe nest pas, pour eux, cette langue guinde des imams incultes et des politiciens vreux mais une langue vivante, que les Algriens possdent en partage avec le Proche-Orient.
A leurs yeux, pas plus que larabe nest la langue du Coran, le franais nest la langue du colonisateur. Ils le mtissent et le crolisent, inaugurant un processus dappropriation de cette langue qui, un jour peut-tre, donnera quelque ralit autonome la francophonie algrienne. Grce eux, les parlers dialectaux sinsinuent dans lunivers clos des deux langues prestigieuses, larabe et le franais. Ils assument, en un mot, la fconde hybridit de la culture algrienne.
Ces crateurs dcomplexs constituent probablement la majorit au sein des lites culturelles et littraires mais ils ny ont pas encore lhgmonie symbolique. Leur voix reste inaudible, ou pis, ils prfrent ne pas intervenir dans les polmiques linguistico-culturelles qui agitent lAlgrie intervalles rguliers. Leur intervention serait pourtant salutaire afin de mettre fin ces hystries identitaires qui ne font que renforcer les ractionnaires de tous bords.

Notes

1) Pour viter toute confusion, prcisons que nous parlons ici des langues en usage dans les diffrents domaines de la vie publique (conomie, administration, cole, enseignement suprieur), do les langues berbres sont rigoureusement exclues.
2) Mostefa Lacheraf, La Culture algrienne contemporaine (Editions du Parti, Alger, 1968)
3) La revue Confluent (n47, janvier-mars 1965, p. 98)
4) Ibidem.
5) Claude Lvi-Strauss, dir., LIdentit (Paris, PUF, coll. Quadrige 2e dition, 1987)
6) Jean-Baptiste Marcellesi, De la crise de la linguistique la linguistique de la crise : la sociolinguistique (Paris, La Pense, n 209, Institut de recherches marxistes, 1980 : 15. pp. 4-21)


*Yassin Temlali est n en 1969, en Algrie. Etudes de lettres Franaises et de linguistique. Écrit en franais dans Maghreb Emergent et la revue Afkar-Ides, entre autres publications. Collabore en arabe Al Safir Al Arabi. A publi "Algrie: Chroniques cin-littraires de deux guerres" (Alger/Barzakh, 2011). Participe plusieurs ouvrages collectifs, dont Lhistoire de "lAlgrie la priode coloniale: 1930-1962" (Alger/Barzakh-Paris/La Dcouverte, 2012).
Source: El Watan

 

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