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2013-02-27
 
Emir Abdelkader
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  Emir Abdelkader    
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Abdelfattah Mourou : "Ce que fait Ennahdha est contraire la dmocratie"

Abdelfattah Mourou : "Ce que fait Ennahdha est contraire la dmocratie"





Abdelfattah Mourou, co-fondateur d'Ennahdha. AFP
Le cofondateur et vice-prsident du mouvement islamiste Ennahdha ne mche pas ses mots l'gard de sa famille politique. Abdelfattah Mourou la tient tout simplement pour responsable de la crise. Interview.
Jeune Afrique : Pourquoi la Tunisie en est-elle l ?
Abdelfattah Mourou : La division du pays en deux ples - islamiste et lac - est dangereuse, car elle cre un chaos politique. Pendant un an, Ennahdha, en tant que parti au pouvoir, n'a cess de tergiverser ; elle a voulu inscrire la charia dans la Constitution, puis s'est rtracte. Elle a rcidiv avec le rgime parlementaire et le statut de la femme. Elle a dmontr son incapacit comprendre les attentes du peuple, qui ne veut pas d'une mutation de ses fondamentaux mais des amnagements. Elle a sciemment tran les pieds sur la rdaction de la Constitution et s'est montre laxiste en laissant faire les Ligues de protection de la rvolution (LPR). Par son silence, elle encourage la monte de la violence politique. Elle gre de manire catastrophique les affaires de l'État, accumule les erreurs en voulant imposer une loi sur l'exclusion et se dresse contre toutes les formations politiques. C'est l'affrontement gnral. Ce n'est pas tenable et c'est contraire la dmocratie.
Les responsables d'Ennahdha affichent leurs divergences, que faut-il en penser ?
Ils ont tort de participer aux dbats publics en se montrant aussi diviss. Ils affaiblissent le parti et se dcrdibilisent, d'autant que c'est leur incomptence au sein du gouvernement qui est aussi l'origine de cette crise. Ennahdha n'a cess de s'isoler. Elle a refus le dialogue avec les centrales syndicale et patronale, et ignore les demandes de la socit civile. Rsultat : elle ne peut compter que sur une assise populaire qui se rduit comme peau de chagrin et a perdu l'appui des intellectuels. Or la production de pense est ncessaire.
Il est inadmissible que nous n'ayons pas encore de Constitution.
La priorit est-elle de mettre en place une nouvelle quipe gouvernementale ou d'arrter la violence ?
Seul un gouvernement fort peut contenir la violence. Au fond, la violence est un instrument pour parvenir un objectif ; il faut lui substituer d'autres outils et surtout mettre en place rapidement des institutions. Il est inadmissible que nous n'ayons pas encore de Constitution et que, face l'affaiblissement de l'État, l'Assemble nationale constituante [ANC], pourtant souveraine, ne ragisse pas.
Comment envisager une sortie de crise ?
La priorit est la Constitution. Il faut mettre un point final cette transition. Sans institutions, sans cadre juridique, le pays ne peut avancer. Dans cette tape cruciale et dlicate, les partis devraient s'loigner de l'action gouvernementale et laisser des comptences grer les affaires courantes. C'est l'orientation que je partage avec Hamadi Jebali.