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Emir Abdelkader 2014-03-03 03:32 PM

La presse stigmatisée
 
La presse stigmatisée

Les leçons du passé ne semblent pas être tirées par certains milieux politico-médiatiques algériens quant à leur tentation facile et criminelle – il ne faut pas avoir peur des mots – de stigmatiser «l’autre» parce qu’on ne partage pas ses opinions et la vision de l’Algérie d’aujourd’hui et de demain. Encore une fois, comme si la tragédie vécue par la corporation de la presse qui a payé un lourd tribut de près de 70 journalistes et autres travailleurs des médias de la presse écrite et audiovisuelle lâchement assassinés par les terroristes intégristes sur ordre de leurs commanditaires politiques ne suffisait pas, voilà que de nouveaux appels au meurtre des journalistes sont lancés avec la même haine et les mêmes pulsions génocidaires.
La seule différence entre ceux-ci et ceux-là c’est que, cette fois-ci, le tocsin est sonné par des confrères, de l’intérieur même de certaines rédactions – presse écrite et télévision privées – dont les journalistes de service auraient bien pu se retrouver au milieu des forces de police, matraque en main, prêtant main-forte aux escouades de policiers qui se sont déchaînés avec une rare violence sur les journalistes ainsi que sur les citoyens de tous horizons présents à la manifestation, ce samedi à Alger, pour exprimer leur opposition à un 4e mandat de Bouteflika. Il fallait en effet vraiment être animé de mauvaise foi ou, pis, s’inscrire dans un plan diabolique du pouvoir visant à jeter à la vindicte des supporters de Bouteflika et des baltaguia du système pour n’apercevoir dans la foule citoyenne, de tous âges, de toutes conditions sociales et de toutes les catégories socio-professionnelles, que des journalistes et des directeurs de certains journaux privés, comme se sont échinés à le claironner en boucle les présentateurs d’une chaîne de télévision privée. A l’appui de ce qui leur fait office d’argumentaire, des gros plans choisis sur un groupe de manifestants au milieu duquel on reconnaît quelques journalistes. L’œil de la caméra s’est longuement attardé, avec un zoom grandeur nature, sur Mme Hadda Hazem, directrice du quotidien arabophone El Fadjr, jusqu’à mettre dans la gêne notre consœur connue pour ses positions hostiles au 4e mandat de Bouteflika. L’objet du délit est tout trouvé et les cibles toutes désignées.
Hier, les journalistes, les intellectuels et, par la suite, tous les citoyens opposés au projet fondamentaliste étaient accusés d’apostats. De la même façon, tous ceux qui considèrent que le maintien de Bouteflika aux commandes du pays pour boucler un quart de siècle de pouvoir absolu après un bilan contrasté et des ennuis de santé irréversibles qui l’empêchent objectivement de demeurer à ce poste sont accusés d’anti-patriotes à la solde de l’étranger. Quand bien même il se trouvait parmi les manifestants des hommes et des femmes de la presse pour couvrir l’événement ou exercer tout simplement leur droit à la citoyenneté dans une manifestation pacifique, de quel crime les accuse-t-on pour les désigner ainsi du doigt à la vindicte des partisans de Bouteflika ?
Après l’appropriation par «la famille révolutionnaire» de l’étendard du nationalisme et du patriotisme, cette fois-ci, c’est à l’aune du soutien à la candidature de Bouteflika pour un 4e mandat que l’on mesure le degré de patriotisme des Algériens. Grave dérapage ! Incontestablement, s’il est un domaine où Bouteflika a le plus réussi, c’est dans celui de semer les germes de la division des Algériens. Triste bilan pour un homme qui cherche à entrer dans la postérité par la grande porte !

Omar Berbiche



'El Watan


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