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Emir Abdelkader 2014-09-25 12:15 PM

SYRIE. Les Etats-Unis frappent 12 raffineries de l'Etat islamique
 
SYRIE. Les Etats-Unis frappent 12 raffineries de l'Etat islamique



C'est la première fois que la coalition s'en prend à des installations pétrolières dans le but d'assécher la source principale de financement des djihadistes.

Les Etats-Unis ont intensifié leurs frappes mercredi 24 septembre en Syrie, visant des raffineries contrôlées par le groupe Etat islamique (EI), au moment où le président Barack Obama appelait à l'ONU le monde à "s'unir" face à la menace djihadiste.
Celle-ci s'est une nouvelle fois imposée avec force aux dirigeants mondiaux réunis à New York pour la grand-messe annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU, avec l'annonce de l'exécution par ses ravisseurs d'un otage français en Algérie.
12 raffineries contrôlées par l'EI touchées

Mercredi soir, les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont frappé 12 raffineries contrôlées par l'EI dans l'est de la Syrie, a annoncé le Pentagone.
C'est la première fois que cette coalition réunie contre l'EI s'en prend à des installations pétrolières dans le but d'assécher la source principale de financement des djihadistes, qui vendent le pétrole en contrebande à des intermédiaires des pays voisins.
"Le seul langage que des tueurs comme ceux-là comprennent est celui de la force", avait lancé auparavant Barack Obama à la tribune de l'ONU avant de présider un Conseil de sécurité extraordinaire qui a adopté une résolution pour endiguer le flot des djihadistes étrangers en Syrie et Irak.
"Aujourd'hui, j'appelle le monde à se joindre" à ce combat, a déclaré Barack Obama, après le début mardi à l'aube des premières frappes contre les djihadistes ultra-radicaux sur le sol syrien conduites par Washington et ses alliés arabes.
Le président américain a affiché sa détermination à travailler avec une vaste coalition pour "démanteler ce réseau de la mort" qui a proclamé fin juin un "califat" sur les régions qu'il contrôle en Irak et en Syrie.
"Message de sang pour le gouvernement français"

Au même moment, le groupe Jund al-Khilafa, lié à l'EI, diffusait une vidéo montrant la décapitation d'Hervé Gourdel, un guide de haute montagne de 55 ans. Le groupe avait menacé d'exécuter le Français si Paris ne renonçait pas à ses frappes aériennes en Irak.
Le président François Hollande a dénoncé depuis New York "un crime odieux dont les auteurs devront être châtiés". "Ma détermination est totale et cette agression ne fait que la renforcer", a-t-il déclaré.
Barack Obama, tout comme le Conseil de sécurité dans son ensemble, a assuré la France de son soutien face à ce "meurtre brutal".
La vidéo, publiée sur des sites jihadistes et intitulée "Message de sang pour le gouvernement français", montre l'otage, agenouillé et les mains derrière le dos, entouré de quatre hommes armés et le visage dissimulé.
Le gouvernement algérien, qui a promis de tout faire selon le président Hollande pour "retrouver les assassins", a dénoncé un acte "odieux" tandis que l'Union européenne parlait d'un "assassinat barbare".
Venir à bout de "ces terroristes et criminels"

La mise en scène de sa décapitation ressemble à celles des deux journalistes américains enlevés en Syrie James Foley et Steven Sotloff et de l'humanitaire britannique David Haines par des membres de l'EI, diffusées ces dernières semaines.
A la tribune de l'ONU, le roi Abdallah II de Jordanie a lui aussi appelé à mener une "stratégie collective" pour venir à bout de "ces terroristes et criminels qui visent la Syrie, l'Irak et d'autres pays".
La Jordanie fait partie de la coalition mobilisée par Washington contre l'EI et elle a pris part, selon des responsables américains, aux raids aériens en Syrie contre des positions de l'organisation mardi et mercredi.
Le gouvernement néerlandais a annoncé qu'il mettrait six avions de combats F-16 et un maximum de 250 militaires à disposition de la coalition internationale.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part déclaré qu'Ankara pourrait fournir un soutien militaire ou logistique à l'opération.
Le rôle de l'Iran en question

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé avoir obtenu le rappel du parlement vendredi afin de débattre de la demande d'aide irakienne de frappes aériennes contre les jihadistes.
Après sa rencontre avec le président iranien Hassan Rohani, David Cameron a déclaré à la tribune de l'ONU que "les dirigeants iraniens pourraient aider à vaincre la menace" de l'EI.
"Il faut donner à l'Iran l'occasion de montrer qu'il peut contribuer à une solution" en Syrie, a-t-il encore estimé.
Toutefois, Hassan Rohani a affiché peu avant son scepticisme sur l'objectif des frappes américaines et arabes en Syrie, dans une interview à la chaîne de télévision américaine PBS.
"Nous ne comprenons pas bien ce qu'ils [les Américains, NDLR] cherchent, s'ils sont sous pression de leur opinion publique et veulent faire un show, ou s'ils ont un réel objectif pour la région", a déclaré le président iranien, dont le pays soutient indéfectiblement le régime du président syrien Bachar al-Assad.
"Mais ce que je peux vous dire sans équivoque, c'est qu'aucun groupe terroriste ne peut être éradiqué et détruit par des bombardements aériens seulement", a-t-il ajouté.
15.000 combattants étrangers en Irak et en Syrie

Lors d'une réunion au sommet présidée - fait rare - par Barack Obama, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution imposant aux Etats, sous peine de sanctions, d'empêcher leurs citoyens de s'enrôler dans des organisations extrémistes comme l'Etat islamique.
Le texte stipule que tous les Etats membres doivent s'assurer que "leurs lois et règles nationales instaurent de lourdes sanctions pénales" à l'encontre des jihadistes étrangers et des responsables de leur recrutement et de leur financement.
A l'ouverture des débats, Barack Obama a souligné que, selon les services de renseignement, plus de 15.000 combattants étrangers venus de plus de 80 pays avaient rejoint ces dernières années les organisations extrémistes en Irak et en Syrie.
Plusieurs pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, ont déjà pris ou annoncé des mesures dans ce domaine. Ils craignent de voir les jihadistes, une fois aguerris, revenir sur leur territoire pour organiser des attentats.



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